Un bédéiste antsiranais sensibilise les ados aux dangers de la grossesse précoce

Faisant suite à notre précédent billet intitulé « Le Club D-Sary et la lutte contre la grossesse précoce » nous souhaitons vous présenter Gianfranco Henri Houdounou, l’artiste bédéiste auteur d’une planche dessiné sur ce thème en partenariat avec l’ONG Azimut.

Originaire de Diego Suarez, Gianfranco Henri a commencé à dessiner à l’âge de 5 ans inspiré par les dessins animés de Dragon Ball Z. Il s’en inspire dans un apprentissage soutenu des techniques du dessin manga qu’il peaufinera au cours des années. De nombreuses années d’échanges qu’il entretien avec des camarades aussi passionnés que lui de dessins manga alimentera sa flamme.

En février 2015, l’Alliance Française de Diego Suarez a décidé de modifier sa structure d’appui à la culture et aux arts, jusqu’alors fortement orientée vers la danse et le chant, en favorisant l’ouverture du club de bandes-dessinées « D-Sary ». Gianfranco Henri a rejoint les rangs de ce club qui attire tous les samedis de jeunes antsiranais créateurs de BD ou intéressés par l’apprentissage du métier de bédéiste.

L’Alliance Française, en plus de mettre à la disposition du club un local pour les rencontres hebdomadaires, achète les fournitures nécessaires et dispense des formations en techniques de dessin. On y organise expositions, ateliers de professionnalisation et des rencontres avec des artistes reconnus.

Gianfranco Henri cherche sa voie : il veut développer un style personnel proche du heroic fantasy, ces bédés qui traitent d’aventures héroïques dans des mondes imaginaires relevant de l’Antiquité ou du monde médiéval.

La tenue de la 1ère semaine de la bande-dessinée à Diego Suarez qui s’est déroulée à l’Alliance Française du 7 au 12 septembre 2015, a permis à Gianfranco Henri de confirmer son ambition de trouver un éditeur. Il songe à faire du métier de bédéiste son gagne-pain. En attendant, il poursuit des études en techniques bancaires et assurances à l’Institut Supérieur de Technologie d’Antsiranana.

Vous pouvez suivre le travail de Gianfranco Henri en rejoignant sa page Facebook. Son nom d’artiste est Ghot012 et il signe ses dessins sous le hashtag #SHK.

Un jeu d’éducation à l’environnement vers un développement durable: version Diego Suarez

En 1991, Vintsy, le trimestriel malgache d’orientation écologique publie un article alarmant : « La Montagne d’Ambre : Avant qu’il ne soit trop tard ». On y attirait l’attention sur l’approvisionnement en eau potable de la ville d’Antsiranana. Cette eau provient de sources type lac de cratères situées dans le parc national de la Montagne d’Ambre. Selon le magazine Vintsy, sur les 70 sources recensées dans la Montagne d’Ambre, il n’en restait plus que 18. Un technicien de la JIRAMA, la compagnie nationale qui assure l’alimentation en eau et en électricité à Madagascar, nous informe que le nombre de sources actuelles est de 6.

Or, du fait de la démographie galopante, et partant de l’augmentation concomitante des besoins en eau et énergie, la ressource hydrique du territoire de l’Association des Communes du Pôles Urbain (ACPU D/S) fait l’objet de pressions qui vont s’accroissant. En réaction l’ACPU D/S a élaboré une stratégie de gestion des ressources naturelles dont l’un des objectifs vise le renforcement de l’écocitoyenneté, en particulier auprès des jeunes. Un des moyens pour atteindre cet objectif est de promouvoir des activités qui favorisent l’éducation à l’environnement vers un développement durable. Cette initiative recueillerait l’appui des établissements scolaires. En effet l’ensemble des enseignants et des acteurs locaux impliqués dans l’éducation à l’environnement vers un développement durable s’entendent sur le fait que les sorties scolaires de groupes d’élèves et d’étudiants suscitent l’intérêt de ces derniers et favorisent dans la foulée leur apprentissage à la protection de l’environnement.

Toutefois, organiser de telles sorties n’est pas une tâche de tout repos. Face au budget restreint des établissements scolaires, aux classes surchargées, aux difficultés à assurer le transport des élèves et leur sécurité, l’ACPU D/S a suggéré à chaque commune de désigner sur leur territoire un site où les enseignants amèneraient leurs élèves pour y conduire des séances de travaux pratiques.

La Commune Urbaine de Diego Suarez (CUDS) a arrêté son choix sur le Jardin Tropical, une mini forêt humide située en plein cœur de Diego Suarez. Une équipe, placée sous la houlette de l’ONG Azimut, a monté un jeu qui à la fois intègre les principes de l’éducation au développement durable et de plus épouse les objectifs fixés par la Politique nationale d’éducation relative à l’environnement et au développement durable (P.E.r.E.D.D, décret n°2013-880). Le jeu en question contribue à la mise en œuvre de la stratégie de gestion des ressources naturelles de l’ACPU D/S, répond aux besoins des enseignants et de la commune et est modulable selon les divers groupes d’âge. Il intègre aussi les activités des personnes impliquées dans la gestion de la forêt et de l’eau douce dans la région DIANA.

L’essentiel de ce jeu est de proposer aux élèves des questions à répondre concernant l’origine de cette eau  qui sort des robinets et des puits de la ville dans le but d’expliquer le cycle naturel de l’eau. Le jeu présente des expériences réalisables en classe ou à la maison et des mises en situation pour identifier les causes de la raréfaction de l’eau potable. Il s’agit d’attirer l’attention des élèves sur la gravité des problèmes d’approvisionnement en eau potable et de les inciter à suggérer des solutions pour y obvier. Le jeu pointe le doigt sur des solutions partielles : l’utilisation de réchauds améliorés et du charbon vert. L’activité se termine par une visite du Jardin Tropical et la découverte in situ de l’importance mutuelle de l’eau et de la forêt pour le bien-être de la population.

Le jeu a été favorablement accueilli dans une série de pré-tests par les élèves qui en ont fait l’essai durant les vacances scolaires. Ils ont semblé ravis des interventions de l’animateur. Des observateurs ont assistés à une première séance : Monsieur Aly Ramasilahy ABOUDOU, Conseiller Animateur en Gestion des Ressources Naturelles du Service d’Appui Technique Intercommunal, Madame Alexandra Véronique JAOZAFY MAMY, Chef de division de l’éducation à l’environnement au sein de la DREN DIANA et Madame Sylvia Karany MBOTIANJARY, Déléguée de l’Éducation de Masse et du Civisme DIANA. Ces derniers ont évoqué quelques problèmes : d’une part certaines des expériences proposées seraient difficilement menées à terme à la maison car certains parents ne souhaitent pas que leurs enfants manipulent le matériel de cuisine ; d’autre part le site du Jardin Tropical n’est pas accessible aux écoles situées hors du quartier de la Place Kabary ; en outre certains élèves se sont dits incapables d’oser suggérer à leurs parents d’utiliser charbon vert ou réchauds améliorés.

Le jeu sera proposé aux écoles du quartier de la Place Kabary au courant de l’année scolaire 2016 qui a débuté au début octobre. L’ACPU D/S veut profiter de cette activité pour harmoniser l’enseignement scolaire et les activités que propose le Jardin Tropical.