Îlots de la mer d’Émeraude : vers une éradication des rats?

Loïc Fasan, stagiaire chez l’ONG Azimut, campait depuis quelques jours sur l’îlot Diego dans le cadre d’une recherche sur l’entomofaune et l’herpétofaune des îlots de la mer d’Émeraude. Peu avant minuit, le 21 avril 2012, il se rend sur l’estran rocheux ouest de l’îlot pour observer les geckos arboricoles sous un ciel étoilé où brille une lune presque pleine. C’est en revenant à son campement pour s’y abreuver qu’il entend un cri aigu, protestation ultime d’un rat attaqué par Madagascarophus colibrinus! Sous son regard ébahi, Loïc observe le serpent en train de se repaître d’un rat!

Quelle chance pour l’équipe de recherche présente sur l’îlot de pouvoir observer de visu ce phénomène de prédation. Les rats sont bien présents sur de nombreux îlots de la mer d’Émeraude mais aucune étude n’a encore rendu compte des impacts et de la dynamique des populations de rats sur la faune de ces milieux insulaires.

Or ces données seraient nécessaires pour résoudre le problème des rats dont la population aurait augmenté considérablement au cours des deux dernières années. L’éradication d’une espèce exotique acclimatée, telle que celle des rats des îlots de la Mer d’Émeraude, est difficile.

Il conviendrait de voir à quel point ils sont une partie intégrante de la faune présente sur les îlots. Si l’éradication ne s’avérait pas nécessaire, il conviendrait peut-être toutefois d’assurer la gestion de ces populations qui, dans le cas des îlots de la mer d’Émeraude, devrait comporter trois étapes : d’abord une description de la situation (analyse écologique du milieu, habitat, biologie locale, estimation des effectifs, etc.), ensuite un choix de techniques de gestion suivi, et enfin une évaluation de l’efficacité de la gestion et de son impact écologique.

Simon Fournier, également stagiaire chez l’ONG Azimut, doit identifier dans le cadre de ses recherches sur l’avifaune de la mer d’Émeraude, les menaces présentes sur les îlots.

Des études plus approfondies, issues de ces résultats préliminaires sont prévues par l’ONG Azimut au courant de l’année.

L’atelier participatif : un outil pour la gestion communautaire de la mer d’Émeraude

L’atelier participatif est un outil de concertation fréquemment utilisé dans les pays en voie de développement, notamment en Amérique Latine. Il s’agit d’une démarche amorcée à partir de la base où les acteurs locaux qui détiennent les clés du changement et les informations nécessaires pour le progrès social de la communauté prennent leurs affaires en mains. L’atelier participatif vise l’intégration des populations locales durant les étapes où se prennent les décisions de montage d’un projet de développement. Il en résulte la garantie d’une appropriation du projet au niveau local.

C’est donc un atelier participatif d’une trentaine de participants, animé par des représentants de l’ONG Azimut et de l’Office Régional du Tourisme de Diego Suarez, qui s’est tenu le 17 avril 2012 à l’école primaire du petit village de Ramena. L’objectif: amorcer la réflexion d’un groupe de guides touristiques (ou « guide-pêcheurs ») qui exercent présentement en mer d’Émeraude autour des problèmes rencontrés dans leurs activités et aborder l’examen des solutions à y apporter.

Le problème de la salubrité des sites visités par la clientèle des guides a été soulevé. L’installation de poubelles au port de Ramena et sur l’îlot le plus fréquenté de la mer d’Emeraude a été décidée. Les guides ont proposé de former une association puis de réclamer pour les membres une formation pour, entre autres choses, mieux faire face au non-respect des coutumes locales par leurs clients, atténuer la menace que présente pour la pérennisation de leur profession la surexploitation des ressources halieutiques de la mer d’Émeraude…

Cette prise de contact va permettre à Claire Michelet, stagiaire chez Azimut, de monter un plan de formation adéquat qui se tiendra au courant du mois de juin 2012.

Le nord de Madagascar en photo par Loïc Fasan

Voici quelques clichés de l’extrême nord de Madagascar pris par notre stagiaire et talentueux photographe Loïc Fasan!

Présentation : Étudiant en Master 1 Écologie à l’Université de Paul Sabatier de Toulouse.

Mandat : Étude et valorisation de l’herpétofaune et de l’entomofaune (Lépidoptères, Ensifères et Caélifères) des îlots de la mer d’Émeraude auprès des guides et des touristes dans le but de préserver ces écosystèmes insulaires fragiles.

Durée du mandat : février à mai 2012

Partenaires : Office Régional du Tourisme de Diego Suarez (ORTDS), Conseil Général du Finistère