Utilisateurs et gestionnaires de l’îlot Suarez sont condamnés à s’entendre !

Laurène Laham, stagiaire Azimut, et Julda Milatianjary, animatrice à l’Office Régional du Tourisme de Diego Suarez (ORTDS), viennent de terminer une enquête auprès de 57 personnes, transporteurs de touristes et masseuses, qui travaillent sur l’îlot Suarez en mer d’Émeraude. Cet îlot est la destination touristique numéro 1 du nord de Madagascar.

Il s’agissait d’identifier les obstacles à l’implantation d’un système fonctionnel de gestion des déchets sur cet îlot. L’enquête a révélé des faits intéressants et inattendus à propos de la taxe de 5000 Ariary dont doit s’acquitter chaque touriste qui se rend sur l’îlot Suarez.

Laurène nous en parle :

« 63 % des individus interrogés avouent ne pas connaître la destination de cette taxe. Or 42 % de ces derniers font partie d’associations auprès desquelles l’ORTDS a déjà organisé de nombreuses rencontres concernant la gestion de l’ilot Suarez et l’utilisation des fonds ainsi récoltés. À quoi attribuer cette ignorance ? S’agirait-il d’un manque d’assiduité aux rencontres organisées par l’ORTDS ? Il faut admettre les difficultés de réunir toutes les personnes concernées à ces réunions tant les horaires diffèrent d’un individu à l’autre.

« Des suggestions ont été proposées par les transporteurs de touristes : affichage des infos et diffusion des messages par crieur. »

« Parmi les individus qui prétendent connaitre la destination des fonds récoltés, il y a ceux qui reconnaissent que les fonds servent à améliorer l’activité touristique en Mer d’émeraude par la construction de paillotes, à l’entretien du site de l’îlot Suarez, à payer les salaires des préposés…. D’autres par contre prétendent que l’argent aboutis dans les goussets de l’ORTDS. »

« Au vu de ces résultats, il apparait nécessaire de clarifier la destination des fonds pour s’assurer que les acteurs impliqués dans cette activité touristique puissent travailler de concert. On pourra ainsi mettre fin au comportement de certains qui refusent de prélever cette taxe de 5000 Ariary qui pourtant est le moteur financier de la gestion communautaire de l’îlot et en particulier l’assurance de la collecte et de la bonne disposition des déchets. Utilisateurs et gestionnaires de l’îlot Suarez sont condamnés à s’entendre ! »

Laurène Laham jouera un rôle d’animatrice au cours du mois de mars 2013 pour dissiper les tensions entre le groupe des acteurs touristiques et celui des gestionnaires de l’îlot. Son objectif à court terme est d’assurer la mise en place d’un système pérenne de gestion des déchets.