La raréfaction de l’eau, au cœur des discussions à Antsiranana

Le tarissement du bassin versant de Besokatra, principal réservoir d’eau d’Antsiranana, est une problématique à risque pour l’alimentation en eau de la ville et ses alentours. Les effets de la raréfaction en eau se font déjà sentir par l’ensemble des couches sociales de la commune urbaine : coupures régulières, faible débit d’eau. Le sujet n’est pas nouveau pour les citoyens d’Antsiranana. Il est né un « conflit de silence » entre les fournisseurs d’eau et les consommateurs insatisfaits de la ville. Les bruits circulent, les dénonciations fusent et les confrontations sur le sujet ne semblent pas être constructifs aux vues de l’absence d’amélioration manifeste de la qualité du service auprès des usagers. Pour tenter d’éclaircir la situation et proposer d’éventuelles recommandations, l’Organisation de la Société Civile pour l’Environnement Mandresy (OSC-E Mandresy) et ses collaborateurs bénévoles ont mobilisé les différents acteurs de la société et relancé les dialogues de proximité.

blog - 24 janvier 2019Des efforts ont été menés par la JIRAMA, principal fournisseur d’eau potable à Madagascar, pour tenter d’améliorer la situation et répondre aux besoins d’une démographie urbaine en pleine expansion. Malgré les actions entreprises par la JIRAMA pour satisfaire les besoins de près 160 000 citadins, la grande majorité de la population ne perçoit aucun changement de qualité du service.

Courant mai 2018, l’OSC-E Mandresy réalise une enquête sur la distribution de l’eau au niveau de 54 bornes fontaines publiques d’Antsiranana. L’enquête permet d’identifier deux points rouges au sein de la commune : les fokontany d’Ambalakazaha et de Mahatsara. Les résidents des deux quartiers témoignent « De l’eau au compte-goutte, des files de jerrycans, des horaires mal aménagés, voilà notre quotidien ». Des étudiants se plaignent de ne pas dormir suffisamment car ils doivent aller s’approvisionner en eau la nuit, d’autres assistent à leurs cours sans avoir pu se laver. Des citoyens actifs voient leur emploi du temps bousculé et leur productivité au travail affectée. Pour rappeler à la communauté que l’eau est l’affaire de tous et que le manque d’eau vient compromettre la santé sociale et économique de la commune urbaine, l’OSC-E Mandresy a participé à la 7e édition de la Foire Économique Meva, organisée par la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Antsiranana du 24 au 27 octobre dernier.

La thématique de l’eau demeure centrale dans le cadre des activités de l’OSC-E Mandresy. En effet, dans la volonté de réinstaurer le dialogue sur le sujet, l’organisation adopte une stratégie aux approches variées : des plaidoiries sous forme de tête à tête avec les autorités locales et régionales en charge de l’eau, des conférences, des émissions télévisées, des sensibilisations et espaces de dialogue dans les quartiers, des expositions photo, des enquêtes sur la satisfaction des usagers sur le service d’accès à l’eau potable… Une feuille de route que l’organisation espère perfectionner dans le temps.

Stage ou bénévolat de compétences #052019

Recrutement d’un stagiaire ou d’un bénévole

Gestion d’un projet de sensibilisation sur les bonnes pratiques en matière d’hygiène, d’assainissement et d’utilisation de l’eau en milieu rural à Madagascar

Durée de la mission : 4 mois plein temps
Lieu d’affectation : Diego Suarez, Madagascar
Début souhaité de la mission : Juillet ou août 2019
Acceptation des candidatures : Jusqu’au 20 juin 2019

Contexte

L’accès à l’eau potable et à l’assainissement dans les villages d’Ampasindava et d’Antanamandriry constitue une priorité pour ses habitants. Ces derniers se contentent depuis leur installation de s’approvisionner gratuitement en eau dans les rivières et les étangs, ou de consommer de l’eau saumâtre. Suivant la situation géographique des ménages, 30 à 70 minutes de marche sont nécessaire pour y avoir accès. L’accès à l’assainissement est aussi problématique puisque 94% des habitants pratiquent la défécation à l’air libre et seuls 10% des ménages disposent de trous à ordures.

Courant 2018, un consortium d’acteurs s’est mobilisé pour améliorer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement et ainsi permettre d’asseoir une meilleure qualité de vie pour les habitants de cette localité.

L’ONG Azimut propose de s’inscrire dans ce projet et d’accompagner la population à (1) accueillir la mise en place de nouvelles infrastructures d’accès à l’eau potable et à l’assainissement qui seront construites courant 2019 par un bureau d’étude indépendant et à (2) adhérer au système de gestion privée de ces deux services une fois les installations complétées.

Mission

Sous la supervision d’Azimut, la personne recrutée se verra confier les tâches suivantes :

  • Collaborer à la gestion technique et financière du projet
  • Appuyer et conseiller l’animateur-formateur du projet
  • Développer des outils de sensibilisation tout public sur l’hygiène, l’assainissement et l’eau
  • Promouvoir le marketing social avec la collaboration du gestionnaire du réseau

Profil recherché

Aptitudes et savoir-être :

  • Titulaire d’une formation ou étudiant dans une discipline pertinente au mandat offert
  • Excellente connaissance du français
  • Savoir s’adapter à un mode de vie différent et à des conditions matérielles difficiles
  • Maîtriser l’outil informatique et être familier avec les logiciels de la série Microsoft
  • Savoir prendre des initiatives
  • Faire montre d’assurance dans la recherche de solutions
  • Connaître les techniques du brainstorming, de l’étude de cas, des jeux de rôle
  • Savoir développer l’esprit de collaboration et faire partager le plaisir de la créativité
  • Faire preuve d’esprit d’équipe et posséder une bonne capacité d’écoute
  • Pouvoir travailler sous pression, respecter des délais, et gérer les priorités
  • Être souriant, posséder le sens de l’humour, savoir se rendre populaire.
  • Ne pas craindre le manque occasionnel d’eau courante ou d’électricité
  • Savoir s’adapter aux difficultés de communication avec sa famille et ses amis
  • Jouir d’une bonne santé et être en excellente condition physique

Expériences précédentes :

  • Expérience souhaitable de travail à l’étranger
  • Expérience en gestion d’équipe, coordination de projets ou renforcement des capacités
  • Expérience du volontariat (ou du bénévolat)

Contribution et participation

Nous nous appuyons sur la participation et la contribution monétaire des participants pour assurer la pérennisation de nos actions auprès des populations locales. Nous demandons à chacun des participants de prévoir une contribution mensuelle de 650 euros.

La cotisation vous donne accès à…

  • Des repas cuisinés par nos trois charmantes responsables de maison.
  • L’hébergement dans un appartement meublé situé dans le centre-ville de Diego Suarez.
  • Les ressources informationnelles et le matériel nécessaire pour le bon déroulement de votre mission.
  • L’encadrement de votre mission par des responsables formés et compétents.
  • Une caisse permettant de défrayer les frais de communication et de déplacement engagés pour la réalisation de votre mission.
  • Une transparence financière et morale de la part d’Azimut qui publie un rapport annuel.

La cotisation permet de payer…

  • Les salaires des employés et les gratifications des stagiaires locaux.
  • La location des locaux de travail.
  • Les frais de services : eau, électricité, boite postale, Internet, téléphone.
  • Le maintien du site web.
  • L’achat de nouveau matériel nécessaire à la réalisation des missions.
  • L’entretien et le renouvellement du matériel, de l’équipement et des espaces de travail.
  • La participation à des événements nationaux et internationaux.

Le participant doit débourser l’ensemble de ses contributions mensuelles avant son arrivée à Madagascar. Le coût des vols aériens, du visa, de l’équipement personnel, des médicaments et des vaccins est assumé par le participant.

Vous-êtes intéressés ?

Les candidats intéressés sont priés de soumettre le formulaire de candidature, leur curriculum vitae, ainsi qu’une courte lettre de motivation à stages@tous-azimuts.org.

Société civile pour l’environnement à Madagascar : exposé critique d’une campagne par affichage

L’accessibilité, la gestion et la préservation de l’eau douce est un sujet sensible qui engendre beaucoup d’inquiétudes chez les Antsiranais. La plateforme régionale « Mandresy », qui  regroupe plusieurs organisations de la société civile pour l’environnement, a monté à ce propos, en collaboration avec l’ONG Azimut, une campagne par affichage présentée au cours d’événements publics et sur les réseaux sociaux. En voici un exposé critique.

Poster Borne fontaineChoix de la thématique : Mandresy a basé sa campagne sur la thématique « transversale » de l’eau. Elle a donc élargi son sujet principal d’une gestion intelligente des ressources en eau douce à la pollution urbaine, aux feux de brousse, à la destruction de l’écosystème des mangroves et à la déforestation. Prévoir quelques demi-journées de brainstorming et de recherche.

Objectifs de la campagne : Les objectifs de la campagne ont été soigneusement choisis pour refléter les besoins des cibles visées :

  • Engager le débat sur la gestion de l’eau en suscitant des réactions auprès de la population et des autorités concernant les effets de leur comportement sur l’environnement.
  • Proposer à la population et aux autorités des solutions concrètes pour obvier aux problèmes mentionnés plus haut.

Attirer l’attention et éveiller la curiosité des cibles : Mandresy a tenté de mettre en valeur ses posters sur les réseaux sociaux ainsi qu’à l’occasion de sensibilisations dans les quartiers de la commune urbaine, lors d’une conférence-débat grand-public à l’Alliance Française et durant une foire économique sur le parvis de la mairie d’Antsiranana. La présentation des posters aurait permis de capter l’attention des visiteurs et d’initier des discussions autour des problématiques environnementales. Effets inattendus : (1) les illustrations ont attiré l’attention des enfants et (2) la campagne a été relayée et partagée sur Facebook auprès d’internautes répartis sur l’ensemble du territoire malagasy et à l’étranger.

Le ton de la campagne : La campagne de Mandresy a su marier posters, photographies et dessins pour ajouter une touche de réalisme en mettant en scène des situations quotidiennes vécues dans la région DIANA. La campagne s’est voulue humoristique plutôt qu’accusatrice afin de mieux rassembler la population et les autorités dans la résolution des problématiques environnementales. Pour Mandresy, il s’agissait d’une communication qui cherchait à renforcer le lien de confiance et à éviter les controverses inutiles.

Poster Feux de brousseCapacité à mobiliser les compétences requises : Certaines des photographies, prises par des membres de Mandresy, rappellent des décors de la région DIANA. D’autres photos, à distribution libre, ont été glanées sur le site https://pixabay.com/fr/. Enfin une photo a été empruntée au photographe malagasy Pascal Kryl avec son autorisation. La qualité des visuels relève de la collaboration avec un photographe professionnel et un dessinateur d’Antsiranana.

Évaluer l’impact des posters : Évaluer l’impact des affichages auprès du public n’est pas tâche aisée. Une façon de faire consiste à relever et analyser les commentaires des internautes. Mandresy ne s’attendait pas à ce que sa campagne soit autant relayée et partagée sur Facebook auprès d’internautes répartis sur l’ensemble du territoire malagasy et à l’étranger. La qualité des échanges et des questionnements que la campagne a pu susciter lors d’évènements publics ou encore le nombre d’autorités qui ont souhaité en apprendre plus sur l’organisation, le nombre d’individus qui ont manifesté leur intérêt à adhérer à la plateforme sont d’autres critères à considérer.

Redynamisation du Conseil Régional de l’Éducation, Région DIANA

blog - 18 juillet 2017Le 11 juillet 2017, les acteurs et forces vives de l’éducation dans la région DIANA se sont réunis sur invitation de la Région DIANA et de l’organisation Handicap International afin de reconstituer le bureau et le groupe technique de travail du Conseil Régional de l’Éducation (CRE).

La mission du Conseil est claire : Promouvoir la réflexion, la concertation et la coordination des actions pour améliorer l’éducation au niveau régional. Le CRE avait été mise en place en 2014 sous l’impulsion de l’UNICEF. Suite au retrait des techniciens de l’UNICEF dans la Région en 2015, les membres du CRE ont cessé de se réunir.

Handicap International a souhaité relancer les rencontres du CRE dans le cadre de leur projet pilote d’éducation inclusive dénommé « Bea-Zo » mis en œuvre avec le Ministère de l’Éducation Nationale malgache dans les régions Analanjirafo et DIANA. Ce projet a pour objectif d’enrayer toute forme d’exclusion freinant l’accès de tous les enfants à l’éducation, quelles que soient leurs conditions physiques et leur classe sociale.

Comme Handicap International, d’autres acteurs voient l’intérêt de la redynamisation du CRE dans l’atteinte de leurs objectifs respectifs. C’est le cas de l’ONG Azimut, présente à la rencontre du 11 juillet 2017, et qui mène depuis 2015 une série d’actions dans les domaines de l’éducation civique et citoyenne et de l’éducation environnementale.

À l’occasion de cette rencontre, les participants se sont entendus pour nommer un président du Conseil qui soit issu de la société civile. Pour les organisations de la société civile, cette élection constitue une belle opportunité de donner voix aux citoyens en matière d’éducation. Cela pourrait également améliorer les échanges et le relais d’information entre le CRE et les citoyens à la base au niveau des districts qui seront amenés prochainement à se regrouper en Conseil Local de l’Éducation (CLE). L’élection du président du CRE est prévue se dérouler ce vendredi 21 juillet 2017 au Centre d’Écoute et de Conseils Juridiques de la Commune Urbaine de Diego Suarez.