L’opération « Célébrons les îles ! » arrive à Madagascar

C’est le 22 mai que l’on célèbre depuis 13 ans la Journée Internationale de la Biodiversité, une initiative de la Convention sur la Diversité Biologique. La vedette de l’année dernière était la biodiversité insulaire. Le Conservatoire du littoral français avait profité de l’occasion pour lancer l’opération « Célébrons les îles ! ». Des initiatives locales, couronnées de succès, ont alors marqué l’événement sur plusieurs îles, allant de la Méditerranée à l’océan Pacifique.

Madagascar vient de rejoindre les rangs de cette opération. Le vendredi 22 mai 2015, les enfants de l’école primaire d’Ankorirakakely, un village des environs de Diego Suarez, ont eu l’opportunité de découvrir les secrets de la mangrove qui borde leur village. L’Office Régional du Tourisme de Diego Suarez et le Conseil départemental du Finistère ont sponsorisé cette initiative. Charles Virlogeux et Detlef Parat, respectivement volontaire et stagiaire de l’ONG Azimut ont prêté main forte à l’organisation de l’événement et ont assuré l’encadrement des activités tout au long de la journée. Les élèves d’Ankorirakakely ont été sensibilisés, en classe puis au sein de la mangrove, à l’importance écologique et économique de cet écosystème fragile ainsi qu’à son fonctionnement. La journée a été ponctuée par une session « dessines-moi ta mangrove » et par l’évaluation des connaissances acquises grâce à un jeu du style « Questions pour un champion ».

L’ONG Azimut recrute un Animateur Environnement

L’ONG Azimut recrute un Animateur Environnement pour appuyer la réalisation de ses activités dans la région de Diego Saurez.

Maryse Sahondra Parent, directrice générale de l’ONG Azimut nous en parle :

« Nous avons compris, chez Azimut, que pour qu’une communauté s’approprie un projet, il faut lui assurer la possibilité d’une formation préalable. Comme l’analphabétisme oppose un grand obstacle à l’acquisition de nouvelles méthodes,  il faut pouvoir bénéficier d’une alphabétisation fonctionnelle avant de se frotter efficacement à de nouvelles technologies. Nous nous servons donc de méthodes d’enseignement adaptées de façon à entraîner à la fois les illettrés et les scolarisés. Nous avons reçu plus de cinquante dossiers de candidatures pour le poste. Le mois d’avril sera consacré aux entrevues des candidats retenus suite à l’analyse des dossiers ».

Affaire à suivre.

Atelier d’animation sur le tri et la valorisation des déchets

Deuxième atelier d’animation dans la cour de l’école primaire de Ramena sur le tri et la valorisation des déchets de l’îlot Suarez en mer d’Émeraude avec la participation des transporteurs et des masseuses qui y travaillent.

Il s’est agi :

  • D’enseigner et d’illustrer les techniques de fabrication de compost à partir de déchets organiques. De donner des indications sur les matières à exclure du compost, celles à éviter pour réduire le risque de mauvaises odeurs. D’indiquer les méthodes d’arrosage et de retournement. Les explications de Monsieur Aristide Hery, animateur bénévole pour l’ONG Azimut, ont été appréciées par les participants dont certains se sont déclarés enthousiasmés par ces techniques si bien exposées. L’animateur a su présenter les étapes de fabrication du compost en les adaptant au milieu local.
  • D’initier par le biais d’un jeu les participants au nouveau système de tri des déchets sur l’îlot Suarez. C’est sous les rires que les joueurs devaient récolter les yeux bandés des déchets éparpillés sur un parcours d’une vingtaine de mètres. Guidés par leurs coéquipiers, ils devaient tout au cours de leur cueillette éviter les obstacles (monticules de sable) avant de déposer les déchets recueillis dans les seaux appropriés : un premier pour les déchets compostables, un deuxième pour les déchets réutilisables, un dernier pour les déchets inutilisables. Ce sont des seaux des mêmes types que l’on retrouve près de la cuisine de chaque paillotte sur l’ilot Suarez.
  • De permettre aux exécutifs de diverses associations d’artisans, comme le CITE et SAMEVA, d’expliquer leur mission et de présenter leurs besoins en matières premières pour la réalisation de produits d’artisanat telles que  cannettes, coques de noix de coco, bouteilles de plastique ou de verre, capsules de boissons gazeuses.

L’atelier s’est terminé par un concours de la plus belle œuvre réalisée à partir de déchets réutilisables rencontrés sur l’îlot Suarez. Des œuvres toutes aussi inventives les unes que les autres ont été présentées : pots à fleurs, rideaux, voitures-jouet, colliers, décorations. Le choix des gagnants s’est fait par la mesure de l’importance des applaudissements accordés par l’assistance.

Les deux chevilles ouvrières de l’atelier, Laurène Laham, stagiaire de l’ONG Azimut et Julda Milatianjary, animatrice à l’Office Régional du Tourisme de Diego Suarez sont  reparties  pleines d’espoir pour la mise en œuvre effective du système de gestion des déchets sur l’Ilot Suarez.

Laurène Laham : une animatrice bourrée d’idées

Depuis son arrivée à Diego Suarez, Laurène Laham, stagiaire Azimut n’a pas chômé. Elle s’est attaquée à concevoir un système de gestion durable des déchets sur l’îlot Suarez en mer d’Émeraude qui puisse être implanté dans un contexte où les ressources monétaires et matérielles sont rares. L’îlot Suarez est un site de rêve qui accueille chaque année des touristes de plus en plus nombreux. D’une superficie de 41 ha, situé à peine à une heure de barque de Diego Suarez, cet îlot est inhabité durant la nuit.

Les gestionnaires et utilisateurs du site n’ont pas été sensibilisés à la cueillette des déchets abandonnés par les excursionnistes qui arrivent sur l’îlot dans les barques des guides ou celles des agents touristiques. Les déchets sont laissés dans des fosses ou à peine dissimulés derrière la plage sous le couvert de la végétation dense.

La situation sanitaire y est devenue problématique. L’esthétisme du lieu en souffre.

Laurène Laham et les membres de l’équipe de l’Office Régional du Tourisme de Diego Suarez (ORTDS) qui s’intéressent à la gestion communautaire des îlots de la mer d’Émeraude ont rencontré de nombreuses associations qui se préoccupent de l’environnement. Des coopératives d’artisans se sont montrées intéressées à récupérer certaines des matières laissées sur l’îlot pour la fabrication d’objets (bijoux de fantaisies, jouets, etc.). Une petite entreprise nommée Ecologik Mada récupérerait ces matières sur la terre ferme pour les vendre ou les transformer. Il faudra motiver les guides pour qu’ils trient les déchets produits et former l’agent d’entretien présent sur l’îlot pour assurer le compostage des matières organiques.

Laurène prévoit organiser un atelier pour motiver les associations, les coopératives et les quelques entreprises et une journée de fabrication en équipe des poubelles et d’un composteur géant. Elle a prévu le parrainage par les guides pêcheurs d’enfants handicapés pour pérenniser le transfert des connaissances sur la gestion de ces déchets.

Une fraction des droits de 5000 Ariary dont s’acquitte chaque touriste qui se rend sur l’îlot Suarez devrait assurer la mise en place des projets de Laurène. Une réunion de l’ensemble des acteurs est prévue pour le 22 février. Il s’agira de présenter le budget nécessaire pour la réalisation de ces activités et de débattre du schéma de gestion proposé par Laurène et ses collaborateurs de l’ORTDS.

Cetamada en visite chez l’ONG Azimut

Les activités de Cetamada ont repris bon train à Diego Suarez avec le passage de Maria Alejandra Faria, biologiste au siège de Cetamada situé dans l’île Sainte-Marie. Cetamada est un organisme dont l’objectif est la conservation et la protection des mammifères marins à Madagascar, basée sur le développement d’un écotourisme responsable.

Azimut, antenne de Cetamada pour le nord de la Grande Île, a mis à profit le passage de Madame Faría pour organiser une rencontre dans ses locaux le 16 mai 2012. C’y sont réunis amis, partenaires, stagiaires Azimut et autres intéressés. Étaient présents Philippe Baratier du Suarez Hôtel et Nicolas Martin du Babaomby Lodge qui gère un centre de kite-surf et de windsurf aux abords de la mer d’Emeraude. L’Office Régional du Tourisme de Diego Suarez y était représenté par Juldas Milatianjary.

En matinée, Madame Faría a fait une présentation générale de Cetamada, de ses activités, de son plan d’action. Des courts métrages ont été projetés et les participants ont assisté à un débat sur la mise en place d’activités de sensibilisation auprès des touristes qui séjournent dans les hôtels de la région de Diego Suarez.

L’après-midi a été consacrée à l’apprentissage d’un nouveau concept : comment établir une carte mentale (carte heuristique ou mind map). Il s’agit d’une représentation arborescente de données qui sert d’outil de base pour de nombreuses applications : prise de notes, préparation d’un exposé ou d’un discours, brainstorming, structuration d’un projet, révision et clarification des concepts, identification de mots clés, visualisation et organisation d’idées, aide à l’apprentissage mnémotechnique…

Pour l’ONG Azimut, cet outil constituera un élément enrichissant dans ses activités participatives d’éducation et de sensibilisation aux mammifères marins auprès de communautés locales. En effet cette méthode, qui requiert peu de matériel, permet en brousse l’apprentissage de notions de façon dynamique même en l’absence de projecteurs (manque d’électricité) et où l’accès aux ressources aussi simples que le papier, les stylos et les tableaux est bien souvent réservé aux seules écoles. En fait, une plage de sable comme feuille de papier et un simple bâton de bois comme stylo suffisent pour dresser le plan d’une carte mentale.

Un grand merci à Madame Faría et à Cetamada pour leur bonnes idées et leur constant soutien!

Journées « Porte Ouverte sur le Changement Climatique »

Madagascar du fait de sa situation géographique et de sa capacité limitée d’adaptation est en première ligne pour les effets néfastes du changement climatique. Limiter ces effets nécessitera l’implication des citoyens, des associations, des ONG nationales et internationales et des autorités.

À cet effet, le Ministère chargé de l’Environnement à travers la Direction Générale de l’Environnement a organisé deux journées de « Porte Ouverte sur le Changement Climatique » à l’Hôtel de la Poste de Diego Suarez le 4 et 5 août 2011. La région DIANA, dont la ville phare est Diego, joue un rôle important dans le développement socio-économique du pays.

Azimut a assisté à quelques-unes des conférences et des manifestations organisées lors de ces deux journées. On y visait à informer et à sensibiliser le grand public des mesures à prendre pour contrer les changements climatiques, à informer les acteurs de développement des opportunités offertes par le changement climatique, à mobiliser les autorités, les décideurs et les partenaires techniques et financiers autour des actions à entreprendre, à promouvoir et à développer des partenariats entre les acteurs concernés, à mobiliser les parties prenantes autour du développement durable et à recueillir observations et recommandations de la part des participants.

L’ONG Azimut est bien consciente que les changements climatiques ont des impacts sur les ressources naturelles marines et côtières et donc autant sur les populations qui en dépendent. Ces journées Porte Ouverte, organisées dans chacune des régions de la Grande Île permettront l’élaboration d’un Plan d’Action Nationale de Lutte contre le Changement Climatique. Celui-ci est en cours de rédaction.

« Des baleines et des hommes »

Cétamada (L’Association pour la protection des mammifères marins autour de Madagascar) est venue pour la première fois à Diego Suarez pour y présenter un atelier-conférence. Cet atelier-conférence, intitulé « Des baleines et des hommes », qui était parrainé par l’Université d’Antsiranana et par Azimut, s’est tenu dans les locaux de la bibliothèque de l’Université. Les membres fondateurs de CétaMada ont été accueillis chaleureusement par un public diegois durant l’après-midi du mardi 7 juin 2011. L’événement dont le financement était assuré par l’Ambassade suisse et le Fonds Français pour l’Environnement Mondial a permis de réunir de nombreuses personnalités, tant chez les autorités municipales de l’enseignement et du tourisme, que chez les responsables du SAGE (Service d’Appui à la Gestion de l’Environnement), du World Wildlife Fund, de Conservation International et de Madagascar National Parks. On retrouvait aussi dans l’assistance des membres de plusieurs des organisations et des associations qui militent pour la protection de la baie de Diego, ainsi que des opérateurs touristiques, des artisans, de nombreux étudiants, professeurs et professeures de l’Université d’Antsiranana et un représentant de la presse locale.

Monsieur Henry Bellon, président de CétaMada, était accompagné de ses proches collaborateurs, Mlle Maria Faria, biologiste de CétaMada, Monsieur François Xavier Mayer, administrateur de CétaMada, Monsieur Philippe Barratier, membre fondateur et de leur formateur/animateur Monsieur Julot Imbour. Ils ont informé à tour de rôle l’auditoire sur la biologie des mammifères marins présents autour de la Grande Île, sur les nombreuses activités de CétaMada dans la conservation, la recherche, la sensibilisation et la valorisation éco-touristique des cétacés présents dans les eaux malgaches. Ils ont présenté le nouveau système de réseau d’échouage national, un « code de bonne conduite » mis en place pour une observation respectueuse des mammifères marins…

Bref, un après-midi fort instructif qui s’est terminé vers 18h30 par la projection d’un extrait du film Océan et la distribution de certificats de participation à l’atelier-conférence. L’auditoire était sous le charme.

Espérons que CétaMada sera de retour à Diego prochainement.

Azimut collaborera avec CétaMada tout au cours de la prochaine année pour mettre en place un système raisonné d’observation écotouristique des mammifères marins de la baie de Diego. C’est en collaboration avec des pêcheurs de la région et des opérateurs touristiques qu’Azimut va promouvoir ce code de bonne conduite.

En effet, nous nous devons d’encadrer l’observation touristique autour de Diego avant qu’elle ne se développe de façon effrénée et sans balises avec comme résultat de faire fuir les dauphins et baleines comme à l’Île Maurice où perdure le manque d’encadrement.

CétaMada, qui a déjà instauré ce système à Sainte-Marie, en constate les bénéfices directs au niveau de l’ensemble de la population malgache (économie, sensibilisation, protection…). De plus, cette activité constitue une alternative économique intéressante pour les pêcheurs établis dans les villages de la côte. CétaMada et Azimut offriront aux populations côtières de Diego les outils et formations appropriés pour gérer localement leurs projets de conservation en vue d’un développement durable.