New collaboration between the Madagascar Saline Company and Azimut

La Compagnie Salinière de Madagascar (CSM) et l’ONG Azimut s’associent pour restaurer la mangrove de protection de la saline d’Antsahampano située à 10 km à l’ouest de la ville de Diego Suarez. Le premier objectif de cette campagne est de protéger grâce à la mangrove réhabilitée les digues de la saline. Le second objectif est de garantir la survie de la faune associée à cet écosystème et de permettre de préserver les services qu’il rend aux populations riveraines.

Il est aussi question de freiner graduellement l’exploitation illicite des ressources forestières que procure la mangrove. Dans ce but, Azimut, la CSM et la Jeune Chambre Internationale d’Antsiranana (JCI), mettront sur pied un programme pour sensibiliser les populations environnantes aux bienfaits et aux services que peut procurer une mangrove exploitée rationnellement.

L’étude de l’état actuel de la mangrove et la rédaction d’un manuel de restauration a été confié à Philippe Fabre, un stagiaire recruté par la CSM qui sera encadré par Azimut du mois d’avril au mois de juillet 2014. Philippe proposera un cadre d’évaluation des progrès enregistrés à court, moyen et long terme et formera des encadrants pour la poursuite des efforts.

Monsieur Fabre est étudiant en Master 1 Écologie et développement durable à l’Université Catholique de l’Ouest (Angers, France). Bienvenue à Diego Suarez Philippe!

Fight against colliery in Montagne des Français

Le charbonnage, la culture sur brulis, la coupe de bois, le pillage sélectif, la chasse et la cueillette des ressources forestières ne sont que quelques-unes des activités anthropiques qui, menées de façon excessive, agressent le patrimoine naturel de la Nouvelle Aire Protégée Ambohitr’Antsingy-Montagne des Français (NAP AA MdF), un massif forestier de l’extrême nord de Madagascar. D’après le Service d’Appui à la Gestion de l’Environnement (SAGE), principal gestionnaire délégué du site, les quelque 300 charbonniers qui exploitent la forêt de la Montagne des Français menacent la biodiversité de cette aire protégée et font de ce fait échec aux services qu’elle rend aux populations environnantes (bois de chauffe et de construction, apports en eau, zones de pâturage et de culture). Cette pratique qui nuit par sa démesure à l’environnement est fille de multiples causes : pauvreté, absence de surveillance du site due au manque d’effectifs et de moyens du service régional chargé de sanctionner les fautifs, rareté des forêts à exploiter aux alentours de la ville de Diego Suarez, forte demande des citadins pour le charbon, arrivée incontrôlée de migrants du sud de la Grande île qui font fi de la coutume locale favorable à la conservation des ressources naturelles.

Les gestionnaires de la NAP peinent à trouver des solutions à la fois efficaces et adaptées aux besoins de la population. Ils sont inquiets : si rien n’est fait pour réduire de façon draconienne l’impact anthropique sur cet écosystème forestier, de nombreux bailleurs de fonds risquent en se retirant de laisser la NAP sans moyens pour intervenir.

Le reboisement de certaines zones dégradées de la NAP AA MdF a débuté ce mois de mars 2014.

Pour marquer cet évènement, se sont réunis dans le canyon d’Andavakoera de la Vallée des perroquets le vendredi 7 mars 2014, les communautés d’Andavakoera et de Betahitra, Monsieur Paulin le chef pépiniériste, des membres de l’association AVUPMA (Association pour la Valorisation et l’Usage des Plantes Médicinales à Antsiranana), le responsable du parc aventure Jungle Park, Monsieur Alban, étudiant de l’Université d’Antsiranana, les représentants du Conservatoire Botanique National de Brest (CNBN), du Conseil Général du Finistère, ceux de l’association Azimut et du SAGE.

Quatre espèces d’arbres originaires de Madagascar ont été plantées en divers endroits de la Vallée des perroquets : le Voankazo meloka (Xanthocercis madagascariensis), espèce menacée classée « vulnérable » selon l’IUCN, le Rotro (Syzygium sakalavarum), le Somontsohy (Stereospermum sp.) et le Bozy (Adansonia suarezensis) ou Baobab de Suarez, espèce menacée classée « en danger » selon l’IUCN.

D’autres espèces seront replantées d’ici la fin du mois de mars 2014 par les communautés des alentours qui se sont impliquées dans le processus de reboisement de la zone. Le financement de l’opération est assuré  par le Conseil Général du Finistère et par le CNBN.  Mlle Camille Danger, correspondante du CNBN à Madagascar, s’occupe du suivi et de l’appui technique.

Fight against primary forest destruction in Northern Madagascar

Les forêts primaires du nord de Madagascar subissent la pression des activités anthropiques (charbonnage, bois de construction,…). La destruction de cette ressource naturelle s’accompagne de l’érosion des sols et de perte de diversité importante. L’Association des Communes du Pôle Urbain de Diégo Suarez (ACPU D/S) a décidé de réagir.

Mille plants d’eucalyptus ont été mis en terre dans la matinée du 28 février 2014 à Antsahampano. On vise la récupération de la couverture forestière et l’accroissement des ressources naturelles du territoire. Cette activité a été financée par le Conseil Général du Finistère et l’Union Européenne. L’ACPU D/S en a profité pour rappeler son engagement envers la protection de l’environnement et le développement économique et social de son territoire.

Gaillord Jaona, animateur environnement Azimut, a pu à cette occasion interviewer Monsieur Aly Ramasilahy ABOUDOU, le conseil-animateur en gestion des ressources naturelles du service d’appui technique intercommunale (SATI) de l’ACPU D/S.

Pourquoi avez-vous choisi le site de Beantely situé dans le Fokontany d’Ambodimadiro pour le reboisement?

  • En juin 2013, le Maire de la commune rurale d’Antsahampano s’est entretenu avec la population locale afin d’aborder le problème de la dégradation de la forêt de Beantely. On se plaignait de l’exploitation intensive de la forêt primaire par des charbonniers en provenance de villages avoisinants. Le maire d’Antsahampano et six autres maires des Communes membres de l’ACPU D/S ont alors sollicité l’appui du SATI pour une première campagne de reboisement aux alentours de Beantely.

Pourquoi avez-vous choisi l’eucalyptus pour reboiser la zone ?

  • La forêt d’eucalyptus sera exploitée par les communautés des alentours pour le charbon et la construction. Comme cette exploitation sera limitée aux zones reboisées les lambeaux de forêt primaires restants pourront s’étendre.

Rencontre-t-on l’eucalyptus dans le couvert forestier originel de la forêt de Beantely? Si non, la nouvelle forêt d’eucalyptus risque-t-elle de modifier le paysage du site?

  • Non l’eucalyptus est une espèce introduite surtout destinée à l’exploitation. On rencontre plutôt par exemple des baobabs ou des pieds de palissandre dans la forêt aux alentours de Beantely. La nouvelle forêt d’eucalyptus ne modifiera pas le paysage du site car les zones de reboisement ont déjà été délimitées.

Nous avons participé à la première activité de reboisement. Qui se charge à présent du suivi des jeunes plants? 

  • En qualité de conseil-animateur en gestion des ressources naturelles du SATI de l’ACPU D/S, je serai chargé du suivi des jeunes plants.

D’après-vous, comment est-ce que ce reboisement contribue à mettre en valeur les ressources naturelles du territoire de l’ACPU D/S?

  • Le reboisement fournit à la population une source de bois d’énergie et de construction. Nous espérons que cette action empêchera les populations de toucher à la forêt primaire restante. Si vous voulez conserver une zone sensible victime de surexploitation alors qu’elle constitue une source de revenus pour la population riveraine, vous risqueriez des conflits. Il faut pouvoir offrir une alternative pour en améliorer la gestion.

Savez-vous si les pieds d’eucalyptus plantés auront un impact sur les espèces autochtones des environs? Sur la qualité du sol?

  • L’eucalyptus risque d’avoir un impact sur la qualité du sol puisque c’est une espèce qui absorbe beaucoup d’eau. Toutefois nous n’avons pas effectué d’études précises à ce sujet. Les eucalyptus plantés n’affecteront pas les espèces autochtones aux alentours puisque les zones de reboisement sont limitées et délimitées.

L’ACPU D/S prévoit-elle d’autres activités de reboisement cette année ?

  • Cette première campagne officielle de reboisement de l’ACPU D/S est une action parmi d’autres pour limiter les effets de l’impact anthropique sur la forêt de Beantely et pour permettre à la population de continuer ses activités sans nuire à l’environnement. Nous envisageons en 2015 de proposer au conseil de l’ACPU D/S le reboisement d’une mangrove dans une zone littorale de son territoire.

« Créée en mars 2008, l’ACPU D/S regroupe sept communes membres : la Commune Urbaine de Diego Suarez et les Communes Rurales d’Antanamitarana, de Sakaramy, de Joffre Ville, d’Antsahampano, de Mangaoka et d’Andranovondronina. Les objectifs de cette intercommunalité sont de garantir un développement harmonieux et équitable du territoire, de permettre aux communes d’offrir des services publics de qualité et d’être de véritables maîtres d’ouvrages pour la gestion et le développement de leurs territoires respectifs. » Contact et information : Aly Ramasilahy ABOUDOU cagrnacpuds@gmail.com