Encounter with an old crab fishermen from Ambolobozokely

Le 12 mars 2013,  Josée-Anne Bouchard, stagiaire pour l’ONG Azimut, s’est rendue dans le village d’Ambolobozokely, situé à une trentaine de km à vol d’oiseau de Diego Suarez.   Il s’agissait d’un volet préparatoire à la formulation des questions de l’enquête sur la pêche au crabe qui aura lieu dans cette zone d’ici la mi-avril 2013.  Josée-Anne y a fait des rencontres intéressantes. Qu’on en juge.

” Monsieur Toto est à la fois pêcheur et boutiquier du village. Il nous a indiqué que le village ne compte plus que  trois personnes qui s’adonnent strictement à la pêche au crabe. Il y en aurait Une vingtaine d’autres que l’on qualifierait de pêcheurs opportunistes car l’importance de leurs  activités varie selon les saisons.  Monsieur Toto,  nous a indiqué le domicile du plus vieux pêcheur de crabes du village, Monsieur Papa ny Joby.”

“C’est Madame Edwige, la fille de Monsieur Papa ny Joby, qui nous a amené à la rencontre de l’ancêtre après nous avoir prévenus que son père ne pêche plus le crabe étant donné son âge avancé. Sa dernière sortie dans la mangrove s’est mal terminée. Il s’y est perdu.”

” Papa ny Joby arrive à situer en 1923 l’année de sa naissance en 1923 par déduction. Il avait 20 ans en 1943 quand il a servi sous les drapeaux. Démobilisé en 1948, il a pêché le crabe depuis lors. À ses débuts, il vendait ses paniers de crabes à Diego Suarez après les avoir transportés sur son dos jusqu’au marché. Il associe le transport automobile  avec l’arrivée de l’armée anglaise dans le nord de Madagascar au cours de la deuxième guerre mondiale. Son père qui lui a appris à pêcher le crabe quand il était petit. Il a poursuivi la tradition et a enseigné les techniques de cette pêche à tous ses fils qui ont poursuivi cette activité sans s’y adonner de façon exclusive toutefois. Les techniques actuelles  de pêche au crabe sont selon l’ancêtre toujours celles que lui a enseignées son père. Ses fils utilisent encore un bout de bois muni d’un crochet.”

” Papa ny Joby a remarqué que les quantités de crabe sont allées en diminuant dans sa zone. Avant, un pêcheur pouvait remplir plusieurs fois son panier et  faire quelques allers retours dans la journée. Aujourd’hui, un pêcheur peut mettre une journée pour remplir un panier et il doit se déplacer de plus en plus loin du village.”

Selon Papa ny Joby : « Avant, tout le monde s’en foutait du crabe. Je suis resté longtemps le seul pêcheur du village à exploiter la ressource. Aujourd’hui, tout le monde veut pêcher le crabe ».

Le crabe serait-il le nouvel or rose de Madagascar?