La Tribune de Diego Suarez parle de l’ONG Azimut

Merci à Laurène Laham de l’ONG Azimut et à ses collègues de l’Office Régional du Tourisme de Diego Suarez (ORTDS) pour leur travail de janvier à avril 2013 qui a permis de préparer les acteurs concernés par la gestion de l’îlot Suarez en mer d’Émeraude à la mise en place d’un système de gestion des déchets de cet îlot. La Tribune de Diego Suarez et du Nord de Madagascar a résumé dans un article qui leur est dédié les dernières semaines de leurs travaux. Voici l’article :

Date de parution : 1er au 14 mai 2013

Corvée d’assainissement de l’îlot Suarez.

L’Îlot Suarez situé en mer d’Émeraude à une heure de barque d’Antsiranana, est l’une des destinations les plus prisées des touristes qui visitent le nord de Madagascar. D’une superficie de 41 hectares ce site appartient à la commune rurale d’Andranovondronina dont les représentants en ont accordé la gérance à l’Office Régional du Tourisme de Diego Suarez (ORTDS) depuis août 2012.

L’îlot Suarez attire jusqu’à 12 000 visiteurs par an sans compter de nombreux autres utilisateurs qui s’y rendent régulièrement : guides, transporteurs, masseuses et pêcheurs de passage. Les touristes doivent s’acquitter d’une taxe de 5 000 Ariary pour y accéder. Le budget ainsi constitué est géré par l’ORTDS. Il sert entre autre à l’entretien du site et à l’amélioration des prestations offertes aux touristes.

Avant que la gestion du site soit confiée à l’ORTDS, la mairie d’Andranovondronina avait mis en place un agent d’entretien pour nettoyer les paillotes situées sur la plage. L’ORTDS a réalisé un joro pour conjurer les fady associés à l’ilot Suarez dont certains imposaient des interdits freinant la mise en place d’actions pour l’entretien du site : « Les rats et les poules d’eau sont les gardiens de l’Îlot. On ne peut pas les tuer, ni leur faire du mal. », « Il faut faire ses besoins là où la marée haute peut les récupérer. ». En effet le dilemme était de taille : respecter à la fois l’environnement et les coutumes malgaches locales. En octobre 2012, l’ORTDS a effectué une journée de collecte de déchets avec la participation des transporteurs et fait construire un bac à ordures en ciment sur l’ilot. Or force fut de constater que les déchets s’étaient amassés derrière les paillottes. En plus des objets apportés par les courants marins, on retrouvait sur l’ilot des excréments, des bouteilles, des boîtes de conserves, des noix de coco… Les rats proliféraient. De mauvaises odeurs se faisaient sentir.

Une première corvée de nettoyage vient de débarrasser l’ilot d’une grande partie des déchets dont on l’avait encombré au cours des visites qui y ont effectué pêcheurs et touristes depuis une dizaine d’années. L’esthétisme du site et son environnement étaient menacés par l’accumulation de déchets dont certains avaient un impact direct sur la faune et la flore (prolifération des rats) et sur l’hygiène et la santé des visiteurs. Cette corvée s’est inscrite  dans le projet de mise en place d’une gestion durable des déchets de la mer d’Emeraude mis au point par l’ONG Azimut et l’ORTDS du mois de janvier au mois d’avril 2013. Des associations de transporteurs, de masseuses et d’artisans, des opérateurs touristiques et d’autres ONG y ont pris une part active à la corvée de nettoyage le samedi 23 mars dernier. Les déchets ont été triés selon leur matière et leur utilité par les vingt-quatre personnes présentes à l’événement. Des ateliers d’animation pré-corvée, en vue de préparer les différents acteurs identifiés pour la mise en place du système de gestion, ont appris aux participants l’importance du tri et les techniques de compostage ; un concours a été organisé pour la réalisation d’œuvres d’art avec des déchets réutilisables avec la participation d’artisans de l’association Sameva et du CITE d’Antsiranana.

La corvée a permis de recueillir de nombreux sacs de coques de noix de coco qui sont des matières premières utiles aux artisans. Au total 55 sacs de déchets ont été remplis. Les déchets inutilisables ont été acheminés à la décharge de la Commune urbaine d’Antsiranana grâce au camion de Toto Circuits Diego. Les déchets réutilisables ont été récupérés par une entreprise de collecte de déchets, Ecologik’Mada, qui revend les déchets sur la capitale pour être retransformés. Cette journée a été rendue possible grâce à la taxe prélevée par l’ORTDS et grâce à la participation financière et en nature de Toto Circuits Diego et d’Evasion Sans Frontières.

Il a fallu à l’équipe de l’ONG Azimut et de l’ORTDS trois mois de travail et d’animation pour préparer cette journée de nettoyage. Pour assurer la collecte des déchets à court et à moyen terme, la mobilisation des acteurs locaux tels que les guides-transporteurs et les masseuses ainsi que les membres des associations d’artisans s’avère essentielle. L’absence de participation et de conscientisation des membres de ces communautés constituerait un handicap à la pérennisation de ce projet.

Le 7 avril, la directrice de l’ONG Azimut, Maryse Sahondra Parent, sa stagiaire Laurène Laham, et Julda Milatianjary, animatrice à L’ORTDS, ont fait un compte-rendu des activités de mise en route d’un système de gestion des déchets de la mer d’Emeraude. Un suivi rigoureux des membres gestionnaires de l’ORTDS reste à effectuer auprès des différents acteurs impliqués pour que la chaîne tri-stockage-collecte-redistribution soit respectée et reste ancrée dans les pratiques de chacun des usagers. Affaire à suivre.

Accueil de Gaillord Jaona, nouveau stagiaire de l’ONG Azimut

L’ONG Azimut souhaite la bienvenue à Monsieur Gaillord Jaona. Il travaillera au cours des trois prochains mois avec Josée-Anne Bouchard, stagiaire de l’ONG Azimut. A leur menu, une étude socio-économique de la pêche au crabe de mangrove dans l’extrême nord de Madagascar. Monsieur Gaillord participera à l’élaboration des questionnaires d’enquête, à la réalisation d’entrevues au sein de villages côtiers et développera des pistes d’analyse à partir des données recueillies.

Originaire de Nosy Be, M. Gaillard est détenteur d’une License professionnelle en Sciences de la Nature et de l’Environnement, spécialité : préservation et aménagement des milieux aquatiques et littoraux. Il a obtenu en 2011 un certificat en bio-management et écotourisme marin dispensé au Pôle de Formation Spécialisée de l’Institut Halieutique et des Sciences Marines de Tuléar dans le sud de la Grande Île. Il a œuvré au sein du Centre National de Recherches en Océanographie (CNRO) à Nosy Be sur la croissance des coraux et au sein de la WWF dans l’analyse de vulnérabilité des pêches traditionnelles et artisanales face aux changements climatiques au sein de l’Aire Marine Protégée d’Ambodivahibe en 2012 et 2013.

Esquisse d’un circuit de tourisme durable à Madagascar

Voici le projet : un tracé de 250 kilomètres reliant l’île touristique de Nosy Be à la 2ème plus grande baie du monde, celle de Diego Suarez, en passant par les deux pôles ruraux d’Ambanja et d’Ambilobe. Sur ce parcours, une palette de 19 sites mettant en vedette les patrimoines socio-culturels et naturels de cette région. Et en surplus, une implication assurée de la population locale… Voilà les principales caractéristiques d’une proposition pour un  circuit de tourisme durable que l’Office Régional du Tourisme de Diego Suarez (ORTDS) projette de mettre en place d’ici 2014.

Clément Corbic, volontaire de l’ONG Azimut, est un des auteurs du design de ce circuit. Il nous fait part de ses constatations à propos de l’activité touristique à Madagascar :

« Actuellement, le tourisme est majoritairement concentré dans le Sud de la Grande île. Tant les tour-opérateurs internationaux que les nationaux dirigent leurs clients vers les circuits du Sud de l’île, qui sont, il faut le dire, plus diversifiés, plus longs et mieux organisés que ceux proposés dans le Nord. Les circuits du Nord sont nombreux mais on n’y retrouve pas encore de circuits de type long-séjour (2 à 3 semaines). L’extrême Nord malgache en particulier souffre du fait qu’on lui ait accolé l’étiquette réductrice d’un tourisme statique de villégiature balnéaire ».

C’est mal connaître les potentialités et opportunités que propose notre région, font remarquer les membres de l’Office Régional du tourisme de Diego Suarez (ORTDS), mais nous sommes forcés de constater qu’il existe une certaine ignorance, liée au manque de promotion efficace de notre part, chez les touristes internationaux. En effet, ces derniers sous-estiment la richesse et la diversité des atouts touristiques du Nord. Ils ignorent pour la plupart qu’il existe des parcs naturels associés à la montagne et à la forêt, et des tsingy enchanteurs… ».

« Dans un souci d’améliorer, de renforcer et de diversifier son offre en termes de tourisme itinérant, l’ORTDS va monter ce nouveau circuit de tourisme durable et se conformer ainsi à la politique de l’État malgache qui préconise ce type de tourisme. »

« Le tourisme durable comme chacun sait est un tourisme basé sur les principes éthiques de la responsabilité et de la solidarité, qui se veut respectueux des patrimoines naturels et socio-culturels d’un territoire. Et ne l’oublions pas, c’est un tourisme qui contribue au développement économique local. »