Formation de jeunes Kinoïtes à l’Alliance française de Diego Suarez

Les 10e Rencontres du film court de Madagascar ont été marquées en province par l’organisation de laboratoires Kino, appelés Ti’Kino Gasy, au sein du réseau des Alliances françaises de la Grande île. Les objectifs visés  étaient de présenter la production cinématographique malgache au public de province et d’accueillir des groupes de participants dont chacun puisse réaliser un court-métrage. En 3 jours, le film doit être tourné, monté et prêt à diffuser.

La devise de Kino, un mouvement cinématographique québécois, est : « Faire bien avec rien, faire mieux avec peu, et le faire maintenant ». Ce mouvement est né au Québec en 1999 et compte à ce jour plus de soixante cellules actives dans le monde.

La majorité des participants à l’atelier Ti’Kino Gasy de l’Alliance française de Diego Suarez était des étudiants en génie des télécommunications et des réseaux de l’Institut supérieur de technologie d’Antsiranana. Marika Hallé Perry et Detlef Parat, tous deux stagiaires Azimut, ont répondu à l’appel de l’AF de Diego Suarez durant les 3 journées d’atelier qui se sont déroulées du 15 au 17 avril 2015.

Marika témoigne de son expérience : « J’effectue actuellement un stage chez Azimut sur la dynamisation de l’éducation civique au sein du programme d’enseignement des écoles de la Commune urbaine de Diego Suarez. J’ai été amenée à effectuer un diagnostic de la situation de l’enseignement de cette matière au sein des établissements scolaires publics de la ville. J’ai pu acquérir une meilleure compréhension des problèmes de société que rencontre la jeunesse diégolaise. Cette expérience m’a donné  l’opportunité de partager des idées de scénario avec les équipes de tournage à propos d’une des préoccupations des jeunes malgaches : la délinquance. Notre équipe de kinoïtes a réalisé un court-métrage mettant en scène un jeune malgache tiraillé entre le bien et le mal alors qu’il est sollicité pour adhérer à un gang de rue de la place ».

Detlef ajoute : « J’ai découvert  de nouveaux outils de communication qui me seront utiles dans la poursuite de mon stage chez Azimut où j’élabore un programme de sensibilisation à l’environnement pour les élèves du primaire de Diego-Suarez en collaboration avec le Jardin Tropical. »

Pour  permettre aux jeunes malgaches de visionner et de partager leurs courts-métrages avec le grand public de Diego, l’Alliance française  et le Jardin tropical ont présenté deux projections des courts-métrages réalisés par les Kinoïstes : une première  dans la salle de spectacle de l’Alliance Française et une seconde en plein air sur le site du Jardin tropical.

Ces courts-métrages ont également été projetés le vendredi 24 avril 2015 sur le parvis de l’Hôtel de ville de la capitale Antananarivo lors de la 10e édition des Rencontres du film court de Madagascar.

Azimut s’implique dans l’éducation civique des jeunes à Diego Suarez

L’Office de l’Education de Masse et du Civisme (OEMC) et le Service Fondamental de l’Éducation (SFE) au sein de la Direction Régionale de l’Enseignement National DIANA (DREN) sont d’avis que l’éducation civique connait à Madagascar de grandes difficultés. Faute d’un financement suffisant de l’État, le programme d’éducation civique a été retiré en l’an 2000 du curriculum des lycées.

De plus certains des établissements primaires et secondaires de Diego Suarez feraient la part congrue à cette matière. Serait-ce là une part d’explication au manque d’intérêt de la population vis-à-vis la malpropreté et la pollution des lieux publics ? Devrait-on y attribuer une des causes de la montée de la délinquance et du décrochage scolaire, de la sexualité précoce, du non-respect des valeurs familiales et culturelles, de la difficulté de s’occuper d’autrui et de se préoccuper du bien commun ? Plusieurs citoyens sont même d’avis que le manque de civisme se traduirait par l’accroissement de l’abstention électorale, de la fraude fiscale et de la corruption.
La réaction à cet état de fait est amorcée. En effet depuis 2014, le programme d’éducation civique est en phase de réintégration et une mise à jour est prévue au sein de l’enseignement national. La DREN de la Région DIANA attend les directives de la capitale. Le Service Régional de l’Éducation de Masse et du Civisme à Diego Suarez (SREMC) effectue des démarches de sensibilisation auprès des parents d’élèves depuis le début de l’année 2015. L’OEMC est d’avis que la promotion du civisme passe par les parents et par les autorités scolaires. Il s’agirait d’élaborer un programme pour favoriser l’apprentissage de notions de civisme autant chez les adultes que chez les élèves. Ce programme entre dans le cadre de la nouvelle Politique Municipale de Développement Social de la Commune Urbaine de Diego Suarez.

Conscients de l’importance de renforcer le civisme et le sens moral chez les jeunes, certains établissements privés de Diego Suarez inscrivent à leur horaire quelques heures de cours d’éducation civique. C’est le cas de l’école privée Blanche Neige (EPBM), un établissement créé en 2010, qui accueille 75 élèves allant de la classe maternelle jusqu’à la fin du secondaire. Confrontée au manque de moyens matériels et à l’inexpérience de ses enseignants en matière d’éducation civique, la directrice, madame Alice Aimée Randimbialifera souhaiterait tracer la voie dans l’enseignement de cette matière. Elle a fait appel à Azimut pour élaborer un programme d’éducation civique destiné aux élèves de l’EPBM. Il s’agit d’innover en proposant d’abord une méthode dynamique de formation du personnel enseignant.

Mademoiselle Marika Hallé Perry, stagiaire Azimut prendra les rênes de ce projet du mois de février au mois de mai 2015. Marika est étudiante en Communication, profil Relations Humaines à l’Université du Québec à Montréal au Canada. Marika étudiera les besoins et les attentes de l’EPBM et des partenaires techniques impliqués dans l’éducation civique et morale des jeunes de Diego Suarez. Elle proposera des avenues d’intégration des activités d’éducation civique dans le programme d’études. Elle suggérera des activités ludiques en tenant compte des moyens financiers disponibles et accompagnera le personnel de l’EPBM dans l’enseignement de cette matière.

Bienvenue Marika !