Stage ou bénévolat à Madagascar 202001

Avis de recrutement : stage ou mission bénévole

Responsable du renforcement de capacités de la société civile au service du plaidoyer environnemental à Madagascar

Durée de la mission : 4 à 5 mois plein temps
Lieu d’affectation : Diego Suarez, Madagascar
Début souhaité de la mission : 1er trimestre 2020
Acceptation des candidatures : Les candidatures seront examinées sur une base continue et le poste sera comblé dès qu’un.e candidat.e approprié.e sera identifié.e.
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Contexte

La plateforme d’organisations de la société civile pour l’environnement « Mandresy » et Azimut interviennent en appui aux associations de jeunes dans le nord de Madagascar pour les mettre en un réseau qui leur permettra de mettre leurs efforts en commun, de partager leurs bonnes pratiques et d’exploiter leur potentiel collectif d’influencer les prises de décision pour une meilleure gouvernance environnementale en milieu urbain. L’objectif principal est de faire vivre aux groupements de jeunes intéressés une expérience de plaidoyer à l’échelle communal dans un climat bienveillant et de confiance mutuelle.

Mots clés : jeunesse, politiques publiques, environnement et société civile

Mission

Sous la supervision d’Azimut, la personne recrutée se verra confier les tâches suivantes :

  • Participer à la construction du travail en réseau des jeunes pour l’environnement
  • Renforcer les capacités des porte-paroles en communication et plaidoyer
  • Augmenter leur interaction avec les médias
  • Accompagner les groupements à effectuer des plaidoyers de leur choix

Profil recherché

Aptitudes et savoir-être :

  • Titulaire d’une formation ou étudiant.e dans une discipline pertinente au mandat offert
  • Excellente connaissance du français
  • Savoir s’adapter à un mode de vie différent et à des conditions matérielles difficiles
  • Maîtriser l’outil informatique et être familier avec les logiciels de la série Microsoft
  • Savoir prendre des initiatives
  • Faire montre d’assurance dans la recherche de solutions
  • Connaître les techniques du brainstorming, de l’étude de cas, des jeux de rôle
  • Savoir développer l’esprit de collaboration et faire partager le plaisir de la créativité
  • Faire preuve d’esprit d’équipe et posséder une bonne capacité d’écoute
  • Pouvoir travailler sous pression, respecter des délais, et gérer les priorités
  • Être souriant, posséder le sens de l’humour, savoir se rendre populaire.
  • Ne pas craindre le manque occasionnel d’eau courante ou d’électricité
  • Savoir s’adapter aux difficultés de communication avec sa famille et ses amis
  • Jouir d’une bonne santé et être en excellente condition physique

Expériences précédentes :

  • Expérience souhaitable de travail à l’étranger
  • Expérience en gestion d’équipe, coordination de projets ou renforcement des capacités
  • Expérience du volontariat (ou du bénévolat)

Contribution et participation

Nous nous appuyons sur la participation et la contribution monétaire des participants pour assurer la pérennisation de nos actions auprès des populations locales. Nous demandons à chacun des participants de prévoir une contribution mensuelle de 650 euros.

La cotisation vous donne accès à…

  • Des repas cuisinés par nos trois charmantes responsables de maison.
  • L’hébergement dans un appartement meublé situé dans le centre-ville de Diego Suarez.
  • Les ressources informationnelles et le matériel nécessaire pour le bon déroulement de votre mission.
  • L’encadrement de votre mission par des responsables formés et compétents.
  • Une caisse permettant de défrayer les frais de communication et de déplacement engagés pour la réalisation de votre mission.
  • Une transparence financière et morale de la part d’Azimut qui publie un rapport annuel.

La cotisation permet de payer…

  • Les salaires des employés et les gratifications des stagiaires locaux.
  • La location des locaux de travail.
  • Les frais de services : eau, électricité, boite postale, Internet, téléphone.
  • Le maintien du site web.
  • L’achat de nouveau matériel nécessaire à la réalisation des missions.
  • L’entretien et le renouvellement du matériel, de l’équipement et des espaces de travail.
  • La participation à des événements nationaux et internationaux.

Le participant doit débourser l’ensemble de ses contributions mensuelles avant son arrivée à Madagascar. Le coût des vols aériens, du visa, de l’équipement personnel, des médicaments et des vaccins est assumé par le participant.

Vous-êtes intéressés ?

Les candidats intéressés sont priés de soumettre le formulaire de candidature, leur curriculum vitae, ainsi qu’une courte lettre de motivation à stages@tous-azimuts.org.

Des actions pour la jeunesse et l’environnement à Diego Suarez

blog - 22 mars 2017 1de2Depuis février 2016, l’ONG Azimut s’est ralliée aux efforts des nombreux acteurs de la Commune Urbaine de Diego Suarez (CUDS) pour mobiliser la jeunesse diégolaise dans le but de  former une relève de citoyens bénévoles qui s’investiront dans la protection de l’environnement et dans l’amélioration des conditions sociales.

Azimut a amorcé cette démarche en menant d’abord des entretiens individuels avec des personnes ressources. Ensuite en s’appuyant sur les suggestions obtenues de ces personnes ressources, Azimut a constitué un groupe de réflexion pour créer un modèle de collaboration entre différents acteurs de la société et des jeunes de la CUDS. Un groupe de jeunes bénévoles aux capacités renforcées en leadership, en communication, en rétroaction et en techniques d’approche a également été mis sur pied (Voir articles : Billet #1 et Billet #2).

blog - 22 mars 2017 2de2Toute cette démarche a été mise en place pour contribuer à répondre aux nombreuses problématiques de formation d’éco-citoyens (Voir article: Promotion du bénévolat malgache pour la protection de l’environnement : une solution ?) qui ont été soulevées par les acteurs de la commune. Le but d’Azimut n’est pas de se substituer aux programmes ou aux initiatives pour les jeunes déjà en place mais plutôt de réfléchir à un modèle différent inspiré par la base, c’est-à-dire par des citoyens de la Commune.

Élise Lortie, Stephano Boudi et Rodriguez Belalahy, ont pris la relève de ce défi en ce début d’année 2017. Tous les trois stagiaires de l’ONG Azimut, ils se sont donné pour mission de poursuivre les efforts déjà entamés par l’ONG Azimut et ses collaborateurs en 2016 afin de contribuer à l’inclusion des jeunes citadins de Diego Suarez au processus de développement de la région. Au cours des 3 prochains mois ils auront pour tâches de :

  • Développer et diffuser 3 outils d’appui aux jeunes utiles à la réalisation d’activités bénévoles de protection environnementale ;
  • Définir une stratégie de mise à jour de ces outils ;
  • Évaluer l’effectivité de ces outils dans la réalisation d’activités de protection environnementale.

Débat public: Comment motiver les jeunes d’Antsiranana à participer aux activités qu’on leur propose ?

blog - 25 avril 2016Les jeunes de la Commune Urbaine de Diego Suarez ont été invités à participer à un débat sur la thématique de l’action bénévole le samedi 26 mars 2016 au café Antirouille de l’Alliance Française de Diego Suarez.

Les organisateurs? L’Association des Jeunes Honnêtes et Intègres et l’Association des Journalistes Professionnels d’Antsiranana (AJPRO).

Les participants  ont échangé  avis et opinions sur la question suivante : Comment motiver les jeunes à participer aux activités qu’on leur propose ?

Voici un résumé des échanges :

RACHIDY Ahamada Ali – Directeur Exécutif à la Maison d’Arnaud :

« Beaucoup d’associations créées, rien de concret réalisé.

«Quand j’étais plus jeune j’ai adhéré à des mouvements associatifs qui menaient des actions qui m’ont interpellé et impressionnée.

Suite à une sensibilisation sur l’engagement bénévole on m’avait dit qu’en adhérant à une association de mon choix j’aurais des avantages en retour de mon implication. Je me ferais de nouvelles relations, j’aurais des responsabilités et des opportunités de voyager. Ce sont des avantages que je n’ai pas compris sur le coup et dont je n’ai pas de suite saisi l’importance.

Avec le temps, je me suis rendu compte que ma participation associative ne correspondait pas à mes attentes ni à celles qu’on m’avait promises. On organisait beaucoup de réunions qui ne menaient pas à grand-chose. Je me posais toujours la même question : pourquoi se réunit-on tous les jours? Puisque je n’ai pas trouvé de réponse à ma question, j’ai quitté le milieu associatif.

J’ai réalisé plus tard que je m’étais trompé! Mon engagement et les retours que j’en aurai ne dépendaient que de ma volonté d’agir.

Ce phénomène de démotivation que je viens de vous décrire affecte à mon avis la mentalité et la motivation des jeunes d’aujourd’hui à participer à toute activité bénévole. Même si on observe de plus en plus de créations d’associations, très peu de choses concrètes sont réalisées. Les associations ne savent pas où aller et comment procéder ».

NOROZARA Évelyne – Présidente fondatrice de l’Association des Jeunes Formateurs Assistants Conseillers Études :

« Changeons notre stratégie de communication avec les jeunes

D’après moi trois choses affectent la motivation des jeunes à participer à toute activité : les jeunes n’ont pas d’outils ou de système d’accompagnement, ils sont démunis et ils font face à trop de magouilles, ce qui les démotive.

Il faut changer notre stratégie de communication avec les jeunes. Les affichages et la publicité ne fonctionnent pas. Il faut aller vers eux et leur parler clairement de la notion d’investissement de temps dans les actions bénévoles».

KOTOSON Cerveau – Responsable des activités culturelles et artistiques de l’Université d’Antsiranana :

« Les jeunes évoluent dans un monde où tout est polémique et tout est politique.

Mon constat est plus global. Ce sont les adultes qui ont créé les jeunes et ce sont aussi les adultes qui ont créé l’alcool et les drogues diverses que consomment les jeunes. Bien sûr chaque personne relève de l’inné et de l’acquis. Mais un jeune imite ce qu’il voit. Alors n’oublions pas la part de responsabilité qu’ont les adultes envers nos jeunes et arrêtons de leur faire porter le blâme si on doit trouver un coupable sur le problème de motivation des jeunes à participer à toute activité. Il existe très peu de modèles dans le monde adulte sur lesquels les jeunes peuvent se fier. Les jeunes évoluent dans un monde où tout est polémique et tout est politique.

Le bénévolat intégral existe-t-il vraiment ? Comment un individu peut-il être bénévole s’il peine à remplir sa marmite ? Il faut prévenir les jeunes qu’avant d’obtenir des résultats de leur implication à une action bénévole par exemple il y a un travail à fournir et ils vont souffrir!

REYDELLET Franklin – Animateur Jeunesse de la Commune Urbaine de Diego Suarez :

« Le manque d’infrastructure pour les jeunes n’est qu’une excuse pour ne rien faire.

Le manque d’outils et d’infrastructures pour susciter la motivation des jeunes à participer à toute activité ne sont que des excuses pour ne rien faire! La question qu’il faut se poser c’est : A-t-on la volonté ? Prenez la Maison des Jeunes d’Antsiranana par exemple. Elle a été construite et inaugurée il y a deux ans et on ne remarque aucun changement de motivation chez les jeunes malgré la création de cette nouvelle infrastructure.

En ce qui concerne l’organisation de ce débat : Pourquoi les jeunes ne sont pas venus en grand nombre ? Leur participation va leur apporter quoi ? Si on souhaite organiser un événement pour les jeunes il faut tenir compte de quatre éléments :

  1. Du moment qu’on choisit. Ce sont les vacances de Pâques en ce moment, donc pour un jeune le choix est vite fait entre participer à une réunion sur le bénévolat et faire la fête.
  1. Du canal de communication qu’on emploie. La motivation des jeunes à participer à un événement dépendra de la personne qui va les appeler à participer. La radio et la télé sont aussi des bons moyens de communication.
  1. Du type d’évènement qu’on organise. Le spectacle attire les jeunes. Comme par exemple lorsque nous organisons des sketchs avec la troupe d’Etweky, la salle de l’Alliance Française est pleine à craquer.
  1. Du lieu qu’on utilise. Allons vers les jeunes dans les fokontany.»

Maryse Sahondra PARENT – Directrice générale de l’ONG AZIMUT, membre de l’Organisation de la Société Civile pour l’Environnement Mandresy :

« Vous dites que Diego Suarez est la ville où personne ne sait dire « non ». Vous ajoutez que ce comportement serait lié soit à la mauvaise foi soit à la peur des jeunes à prendre des responsabilités et à s’engager.

Une dame du nom de Vavyhely qui s’intéresse beaucoup à la psychologie de l’enfant m’a un jour raconté ceci : un enfant de 2 ou 3 ans qui commence à parler, s’affirme en disant « non ». « Non, je ne veux pas me brosser les dents! » ou « Non, je ne veux pas manger mes légumes! ». Ce « non » serait une forme verbale banale qu’utilisent les enfants pour se différencier des autres, pour s’affirmer. Or pour la majorité des parents à Diego Suarez, lorsqu’un enfant dit « non » à ses parents on le traite de maditry (vilain). Les enfants grandissent en associant le « non » à un comportement vilain. Lorsque vous me dite que le « oui » qu’on évoque tout le temps poserait un réel problème au développement et au réel engagement des jeunes, je vous croîs!

RANAIVO ARIVELO Mc Gordon – éternel éducateur, fondateur de l’Organisation de la Société Civile pour l’Environnement Mandresy :

« Encouragez les jeunes à aimer la chose dans laquelle vous souhaitez qu’ils s’engagent et ils vous suivront !

La motivation on doit la trouver à l’intérieur de soi. Les personnes qui aiment mâcher le katy par exemple vont dépenser 3 000 MGA quotidiennement. Comment est-ce qu’en période de crise et de misère ces personnes arrivent-elles quand même à trouver l’argent pour se payer un simple plaisir quotidien ? C’est parce qu’ils aiment le katy. Mon conseil : encouragez les jeunes à aimer la chose dans laquelle vous souhaitez qu’ils s’engagent et ils vous suivront !

Ne prenez pas modèle sur des adultes qui vous déçoivent. Résistez à ces primates! Ne soyez plus révolté et réagissez! L’expérience c’est ce qu’il vous reste lorsque vous avez tout oublié! Engagez-vous! N’attendez pas des avantages.

Jeune, c’est un genre, une catégorie sociale. Vous êtes le présent de la société. Vous choisissez à travers l’expérience heureuse et malheureuse des adultes.

Il faut impliquer les responsables de la CISCO et de la Direction Régionale de l’Éducation Nationale DIANA dans les débats que vous souhaitez organiser».

Une étudiante de l’Université d’Antsiranana :

« La motivation des jeunes d’aujourd’hui c’est l’appât du gain.

Lorsque j’ai dit à mes camarades et collègues de l’université que j’allais participer au débat d’aujourd’hui, ils m’ont demandé ce que j’allais gagner en échange de ma participation. C’est cela la mentalité des jeunes d’aujourd’hui. Ils ne se focalisent que sur l’argent. Quand on organise un concours ou un évènement on demande toujours ce qu’on a à gagner pour participer. »

PILLAR Nino – bédéiste professionnel et membre fondateur du Club D-Sary à l’Alliance Française de Diego Suarez :

« Je ne suis pas convaincu de votre démarche pour attirer les jeunes.

(En s’adressant aux membres de l’Association Jeunes Intègres et Honnêtes) La thématique que vous avez choisie initialement pour votre débat « Jeunes et Bénévolat: l’argent est-il un atout ou un frein à l’initiative et à la participation citoyenne » n’est d’après moi pas inclusive et n’attira pas les jeunes comme vous l’espérez. Les mots que vous utilisez sont trop abstraits comme « bénévolat »  ou « participation citoyenne ». Si le public visé par vos échanges ce sont les jeunes alors il faudrait revoir tous ensemble votre stratégie de communication. Jusqu’à présent, je ne suis pas encore convaincu. »