Pêche miraculeuse au thon jaune à la mer d’Émeraude

Ce jour-là, le tout dernier de son ultime sortie dans l’îlot Diego situé en pleine mer d’Émeraude, Simon Fournier stagiaire chez l’ONG Azimut fait sa ronde habituelle de prospection des nids d’oiseaux.

C’est la marée basse.

Tout à coup Simon observe non loin de la rive des mouvements brusques qui agitent l’eau. Il pense à l’attaque d’un banc de poissons par des requins. Il s’approche doucement et aperçoit deux énormes thons jaunes surpris par la marée basse dans une piscine corallienne qui ne les libèrera que la marée haute venue.

Il retourne au campement pour recruter Janfary qui prévenu de la chance qui s’offre à eux le suit couteau bien en main. Les deux thons d’environ 15 kg chacun n’opposeront pas de résistance.

Une photo souligne le succès de nos heureux pêcheurs.

Janfary en est convaincu : il s’agit d’un don des ancêtres pour récompenser ceux qui respectent, comme Simon et lui, chacun des nombreux fady des îlots de la mer d’Émeraude. En effet il existe de nombreux interdits sur ces îlots (interdiction d’y dire des fadaises, interdiction d’y déféquer en retrait de la ligne atteinte par la marée haute, interdiction d’y consommer de la viande porcine, interdiction d’y prolonger indûment son séjour…).

Débarqués à Diego-Suarez sous les yeux ronds des pêcheurs du port de la Dordogne les deux thons n’ont pas tardé à être été dégustés.

Îlots de la mer d’Émeraude : vers une éradication des rats?

Loïc Fasan, stagiaire chez l’ONG Azimut, campait depuis quelques jours sur l’îlot Diego dans le cadre d’une recherche sur l’entomofaune et l’herpétofaune des îlots de la mer d’Émeraude. Peu avant minuit, le 21 avril 2012, il se rend sur l’estran rocheux ouest de l’îlot pour observer les geckos arboricoles sous un ciel étoilé où brille une lune presque pleine. C’est en revenant à son campement pour s’y abreuver qu’il entend un cri aigu, protestation ultime d’un rat attaqué par Madagascarophus colibrinus! Sous son regard ébahi, Loïc observe le serpent en train de se repaître d’un rat!

Quelle chance pour l’équipe de recherche présente sur l’îlot de pouvoir observer de visu ce phénomène de prédation. Les rats sont bien présents sur de nombreux îlots de la mer d’Émeraude mais aucune étude n’a encore rendu compte des impacts et de la dynamique des populations de rats sur la faune de ces milieux insulaires.

Or ces données seraient nécessaires pour résoudre le problème des rats dont la population aurait augmenté considérablement au cours des deux dernières années. L’éradication d’une espèce exotique acclimatée, telle que celle des rats des îlots de la Mer d’Émeraude, est difficile.

Il conviendrait de voir à quel point ils sont une partie intégrante de la faune présente sur les îlots. Si l’éradication ne s’avérait pas nécessaire, il conviendrait peut-être toutefois d’assurer la gestion de ces populations qui, dans le cas des îlots de la mer d’Émeraude, devrait comporter trois étapes : d’abord une description de la situation (analyse écologique du milieu, habitat, biologie locale, estimation des effectifs, etc.), ensuite un choix de techniques de gestion suivi, et enfin une évaluation de l’efficacité de la gestion et de son impact écologique.

Simon Fournier, également stagiaire chez l’ONG Azimut, doit identifier dans le cadre de ses recherches sur l’avifaune de la mer d’Émeraude, les menaces présentes sur les îlots.

Des études plus approfondies, issues de ces résultats préliminaires sont prévues par l’ONG Azimut au courant de l’année.