Un nouvel outil pour les guides touristiques de la Montagne des Français à Madagascar

En septembre 2013, 12 charbonniers en provenance des 6 villages bordant la Nouvelle Aire Protégée Ambohitr’Antsingy – Montagne des Français (NAP AA MdF), avaient été recrutés pour assumer un rôle de guide local sur le circuit « Anosiravo » qui appartient à la zone écotouristique Nord de la NAP. L’objectif étant pour l’ONG Service d’Appui à la Gestion de l’Environnement (SAGE), gestionnaire de la NAP, de proposer  aux populations environnantes de nouvelles activités génératrices de revenus pour lutter contre l’exploitation illicite des ressources forestières.

Pour préparer ces nouveaux guides au métier, des formations leur ont été proposées en 2013 et 2014. Bilan fin 2014 : le renforcement des compétences des guides locaux est quasi nul et huit d’entre eux ont abandonné leur poste après seulement 3 mois de pratique. Parmi les raisons  de leur abandon de poste, les guides locaux ont évoqué le problème de communication en français avec les visiteurs, des formations mal adaptées et le manque d’accompagnement par les gestionnaires. Pour améliorer la situation du guidage local en 2015, le SAGE et l’Office Régional du Tourisme de Diego Suarez (ORTDS) se sont associés les compétences techniques de l’ONG Azimut et l’appui financier du Conseil Départemental du Finistère (CD29).

Parmi les mesures mises en place par l’ONG Azimut, cette dernière mettra à la disposition des futurs guides un manuel leur proposant le discours à tenir aux touristes sur le circuit « Anosiravo » incluant cartes et images pour illustrer les explications fournies lors du parcours. Le discours à tenir est présenté de façon simple, aérée, imagée et dotée du vocabulaire nécessaire en langue française. Cet outil permettra d’alléger la tâche des guides et de réduire le coût de leur formation. Des grilles ont été élaborées pour permettre au SAGE et à l’ORTDS d’évaluer la progression des guides et d’adapter en temps réel cet outil de travail.

Pour le SAGE et l’ORTDS, le réel défi réside dans le maintien de la motivation des guides locaux à s’investir dans le métier sur le long terme. L’atteinte de cet objectif repose sur la capacité du SAGE et de l’ORTDS à effectuer un suivi et une évaluation de la performance des guides, à élaborer une stratégie de communication sur la destination, à valoriser le travail des guides locaux auprès des visiteurs et enfin à entretenir un programme d’échange et de communication étroit avec les guides locaux recrutés. Seul hic, les difficultés rencontrées par la compagnie aérienne Air Madagascar compromet la saison touristique 2015. La fréquentaton du circuit « Anosiravo » est en baisse et risque d’affecter la motivation des guides locaux à travailler jusqu’au mois de novembre s’ils ne peuvent justifier un retour d’argent équivalent à leurs anciennes occupations. Bien que la programmation prévisionnelle des formations a déjà été fixé par l’ORTDS, il a été décidé que les activités de formation des guides seront repportés à l’année prochaine.

Les premiers diplômés parmi les guides-pêcheurs de la mer d’Émeraude

La dernière journée de formation des quatre guides-pêcheurs de Ramena a été dédiée entièrement à l’évaluation de leurs apprentissages. En début de matinée, ils furent soumis à un test écrit qu’ils réussirent tous avec brio. Puis une sortie en mer sous les yeux des évaluateurs ont permis de vérifier leurs réactions en face de vrais touristes recrutés pour l’occasion, dont un canadien de 72 ans bien sonnés, un couple franco-malgache et une dame allemande propriétaire de l’hôtel-restaurent Le Badamera en bord de plage à Ramena.

Chacun des guides-pêcheurs dû tirer au sort un sujet dont il était responsable devant les touristes : soit le briefing avant l’embarquement, la description et le rôle des mangroves et des coraux dans l’environnement et enfin les mesures de sécurité à prendre tout au long du trajet.

Avant de franchir la passe, les touristes ont eu la chance de visiter quelques tsingy coralliens accessibles qu’à marée haute. Grâce à un arrêt après la sortie de la baie le groupe put visiter le village de pêcheurs d’Andavokonko et la mangrove qui en est le front de mer. Tout en haut du village, un point de vue sur la mer d’Émeraude a permis aux touristes d’anticiper la route que la barque allait emprunter et de prendre quelques clichés des eaux turquoises de la zone.

Ces stops sont rarement proposés aux touristes. Les quatre guides-pêcheurs pourront dorénavant les mettre au menu de chaque sortie en mer et ainsi améliorer leur prestation et faire découvrir plus aux touristes qui ne demandent qu’à ce que leurs sens soient éveillés.

Sur l’îlot un temps a été consacré à la découverte du sentier d’interprétation pour améliorer leurs prestations touristiques. Ajoutons que ces derniers sont au fait des données récoltées sur les oiseaux des îlots de la mer d’Émeraude par Simon Fournier et des observations d’insectes et de reptiles rassemblées par Loïc Fasan, deux récents stagiaires chez Azimut.

La traversée sur l’îlot Suarez fut fort agréable, entrecoupée de rires et de quolibets.

Le retour, un peu tardif, fut arrosé d’embruns et rendu difficile par le bas niveau des eaux dans la fausse passe. Malgré cette petite difficulté, l’ambiance ne faiblit pas un seul instant.

Les gars se sont vu remettre leur diplôme délivrés par l’Office Régionale du Tourisme de Diego Suarez qui prendra dorénavant la relève pour les formations à venir.

Claire Michelet, stagiaire chez l’ONG Azimut qui a contribué à mettre sur pied la formation avec l’appui de Juldas Milatianjary, stagiaire de l’ORTDS, verra à finaliser le manuel du formateur. Les formations devraient reprendre au courant du mois de septembre de façon à laisser suffisamment de temps pour bien former les formateurs.

Voici quelques clichés de la journée!

Formations des guides-pêcheurs de Ramena en cours

Dans le programme de la mise en place d’une gestion communautaire de la mer d’Émeraude, voulu par l’Office Régional du Tourisme de Diego Suarez (ORTDS) et facilité par un financement du Conseil général du Finistère, l’ONG Azimut a contribué à dresser un plan de formation des guides-pêcheurs de Ramena, un village de plage situé à quelques encablures de la passe qui permet la sortie de la baie de Diego Suarez et donne accès à la mer d’Émeraude. La principale prestation des guides-pêcheurs de Ramena était d’assurer une logistique fort primaire des excursions touristiques sur les îlots de la mer d’Émeraude (convoiement des touristes en barque, préparation des repas et fourniture des boissons). Il était fort peu question dans leur approche de l’accueil des touristes, de leur sécurité, de la présentation de la géologie et de l’histoire maritime de la région, d’un exposé de la faune et de la flore des lieux visités, de réponses adéquates aux questions des touristes. Toutefois une étude préliminaire de la situation avait indiqué que chez les guides-pêcheurs de Ramena il y avait un désir de formation dans plusieurs des secteurs de leurs activités touristiques.

C’est Claire Michelet, stagiaire de l’ONG Azimut, présente à Diego depuis la mi-février, qui a pris la responsabilité des études-terrains préalables (dont un atelier participatif d’identification des besoins auquel de nombreux guides-pêcheurs ont pris part et des enquêtes auprès de touristes ayant visités les îlots) à partir desquelles les besoins de formation ont été précisés. Parmi ces derniers on retrouvait en vrac : la sécurité des passagers, les précautions à prendre pour éviter le viol des fady, la timidité, les problèmes de marketing face à la concurrence débridée et l’absence de prix fixes convenus entre les guides-pêcheurs.

Claire a ainsi été amenée à définir trois modules de formation : un module environnement, un module histoire/culture et un module techniques en tourisme Une fois le plan de formation élaboré, Claire a eu à cœur de le tester in vivo. Dans ce but, quatre guides-pêcheurs de Ramena se sont portés volontaires pour une formation-test dont les séances se sont déroulées a Ramena du 2 au 09 juillet 2012 sous la houlette des intervenants suivants : Maryse Sahondra Parent, directrice d’Azimut, Philippe Zénone, rédacteur de la Tribune de Diego Suarez et du nord de Madagascar et passionné de l’histoire de la baie de Diego Suarez, Juldas Milatianjary, stagiaire à l’ORTDS, et Claire Michelet.

Tous nos remerciements vont à Swanie de l’hôtel-restaurant le Bademera, qui nous a offert une salle pour abriter les séances de formation.

Rendez-vous demain pour l’évaluation de nos quatre guides-pêcheurs qui devront accompagner de vrais touristes en mer d’Émeraude et mettre en pratique les notions acquises au cours des derniers jours.

Rendez-vous demain pour l’évaluation de nos quatre guides-pêcheurs qui devront accompagner de vrais touristes en mer d’Émeraude et mettre en pratique les notions acquises au cours des derniers jours.

L’atelier participatif : un outil pour la gestion communautaire de la mer d’Émeraude

L’atelier participatif est un outil de concertation fréquemment utilisé dans les pays en voie de développement, notamment en Amérique Latine. Il s’agit d’une démarche amorcée à partir de la base où les acteurs locaux qui détiennent les clés du changement et les informations nécessaires pour le progrès social de la communauté prennent leurs affaires en mains. L’atelier participatif vise l’intégration des populations locales durant les étapes où se prennent les décisions de montage d’un projet de développement. Il en résulte la garantie d’une appropriation du projet au niveau local.

C’est donc un atelier participatif d’une trentaine de participants, animé par des représentants de l’ONG Azimut et de l’Office Régional du Tourisme de Diego Suarez, qui s’est tenu le 17 avril 2012 à l’école primaire du petit village de Ramena. L’objectif: amorcer la réflexion d’un groupe de guides touristiques (ou « guide-pêcheurs ») qui exercent présentement en mer d’Émeraude autour des problèmes rencontrés dans leurs activités et aborder l’examen des solutions à y apporter.

Le problème de la salubrité des sites visités par la clientèle des guides a été soulevé. L’installation de poubelles au port de Ramena et sur l’îlot le plus fréquenté de la mer d’Emeraude a été décidée. Les guides ont proposé de former une association puis de réclamer pour les membres une formation pour, entre autres choses, mieux faire face au non-respect des coutumes locales par leurs clients, atténuer la menace que présente pour la pérennisation de leur profession la surexploitation des ressources halieutiques de la mer d’Émeraude…

Cette prise de contact va permettre à Claire Michelet, stagiaire chez Azimut, de monter un plan de formation adéquat qui se tiendra au courant du mois de juin 2012.

Comité de gestion de la Mer d’Émeraude

Les eaux turquoises du lagon corallien qui borde au nord l’entrée de la passe qui donne accès à la Baie de Diego Suarez constituent un attrait touristique de premier rang de la région. Un comité de gestion est en cours de constitution pour en rationnaliser l’exploitation et mettre fin aux dérives constatées ces dernières années.

L’enjeu est de taille : la magnificence des paysages et la richesse des fonds marins de ce grand lagon incitent à la pratique d’activités aquatiques et nautiques de tout ordre. Le windsurf, le kitesurf s’y pratiquent dans un site où l’orientation au vent réjouit les sportifs.

Mais la popularité du site nuit à son caractère sauvage et présumé jusqu’ici. Il est devenu impératif de mettre en place une politique concertée et rationnelle de cette ressource touristique. En effet, les déchets laissés sur les plages et îlots par les visiteurs entraînent l’apparition de vermines. Mentionnons encore la surpêche et la dégradation du corail par l’utilisation de technique de pêche non appropriées.

Les communes rurales, la région DIANA, les opérateurs touristiques se sont regroupés au sein de l’Office Régionale du Tourisme de Diego Suarez (ORTDS) qui a résolu d’instituer un Comité de gestion de la Mer d’Émeraude. Un plan d’aménagement et de gestion du site est en cours d’élaboration. On songe entre autres à construire des paillotes dotées d’espace de cuisine à usages collectifs, à implanter des parasols en matériaux locaux, à planter des palmiers, à construire des toilettes sèches. On veut encourager la structuration des pêcheurs en ce qui concerne la sécurité de leurs invités, à définir une gamme tarifaire commune…

L’ONG Azimut a manifesté son intérêt pour ce projet de gestion auprès de l’ORTDS. Elle souhaite agir auprès des pêcheurs et proposer un programme de formation de guides touristiques. Des discussions sont présentement en cours.