Gestion communautaire des aménagements touristiques

L’analyse SWOT — acronyme anglais pour Strengths (forces), Weaknesses (faiblesses), Opportunities (opportunités), Threats (menaces) — a été retenue comme outil d’analyse post hoc de la gestion communautaire des aménagements existants de quatre circuits touristiques de la région d’Ambanja : Anjavimilay, Antanambao Ambahatra, Andranomandevy, Antsahampano.

C’est dans le cadre du projet d’appui à la mise en place de nouveaux aménagements touristiques au sein de la Réserve forestière d’Ambohidravy que les résultats de cette analyse SWOT ont permis à Aminatou Diallo, stagiaire de l’ONG Azimut, de débusquer les conflits potentiels liés à la gestion de ces aménagements afin de recommander des mesures pour en atténuer les impacts socio-économiques.

Une analyse SWOT d’un projet a toutefois des limites. En effet l’interprétation des résultats est fortement influencée par les poids respectifs accordés aux différentes forces, faiblesses, opportunités et menaces repérées. Il est important de moduler les résultats d’une telle analyse en effectuant des enquêtes complémentaires auprès des acteurs concernés par le projet sous étude.

Pour appuyer l’analyse SWOT, l’équipe formée de Aminatou Diallo, d’Alain Didisy, animateur pour le Groupement des Opérateurs Touristiques du Sambirano (GOTS) et de Gicot Andriamanantena, stagiaire accompagnant, s’est servi à la fois des résultats d’enquêtes auprès des associations concernées par la gestion des aménagements touristiques de la région d’Ambanja et de l’avis des villageois à propos de cette gestion.

Le 17 juin 2013, des réunions ont été organisées avec l’appui du GOTS et de l’ONG l’Homme et l’Environnement (H&E) afin de consulter les autres acteurs et experts concernés. Parmi les invités on retrouvait les guides touristiques du Sambirano, des touristes, des représentants de l’ONG l’H&E, du GOTS, de l’Office Régional du Tourisme de Diego Suarez, du Service régional des Eaux et Forêts, d’UNICOSA et de nombreuses autres ONG (Projet COPE, Blue Ventures…) ainsi que la directrice de Vision Éthique.

Les informations obtenues auprès de toutes ces personnes permettront à l’équipe de compléter son analyse des circuits touristiques déjà mis en place dans la région d’Ambanja.

Les résultats obtenus dépendront toutefois de la pertinence des analyses effectuées sur le court, moyen et long terme. En effet l’environnement interne et externe d’un projet pouvant évoluer, parfois rapidement, l’analyse devra être reprise tout au long de la phase d’implantation des quatre circuits. C’est le travail qui attend l’animateur du GOTS pour les prochains mois.

GOTS, un promoteur du tourisme communautaire à Madagascar

Le Groupement des Opérateurs Touristiques du Sambirano (GOTS) est membre de l’Office Régional du Tourisme de Diego Suarez (ORTDS).  Ce groupement créé en 2010 réunit des hôteliers d’Ambanja, ville du nord-ouest de Madagascar.  Il a pour principal objectif la promotion du tourisme dans la région d’Ambanja et la gestion des droits d’entrée dans les sites touristiques. Dans une perspective de développement durable de la région, le GOTS s’adonne au renforcement des capacités de ses membres et de celles des communautés de la région qui sont les principaux bénéficiaires des retombées des activités touristiques. L’ORTDS et le Conseil Général du Finistère fournissent au GOTS un soutien technique et financier depuis sa création.

Aminatou Diallo, stagiaire de l’ONG Azimut, s’est rendue à Ambanja du 15 au 17 avril 2013 pour rencontrer le GOTS et l’ONG L’Homme et l’Environnement (H&E) avec qui elle collaborera dans l’élaboration d’un plan des aménagements touristiques de la réserve forestière d’Ambohidravy. Elle analysera les impacts sur l’environnement et sur les populations liés à l’implantation des aménagements et proposera des mesures d’atténuation. Aminatou évaluera des circuits touristiques existants de la région du Haut Sambirano en étroite collaboration avec Alain Didisy, animateur auprès du GOTS.

Cette première étape du projet du GOTS s’inscrit dans le programme de renforcement des capacités de ses équipes de travail et dans le transfert de gestion des sites touristiques à promouvoir. En effet les premiers circuits touristiques de la région du Haut Sambirano avaient été développés par un seul tour opérateur de la région, Libertalia Aventure, qui souhaite à présent déléguer la gestion des sites et agir comme consultant.

Collecte de déchets sur les îlots de la mer d’Émeraude

Collecte de déchets de l’îlot Suarez animée par Laurène Laham, stagiaire de l’ONG Azimut et Julda Milatianjary, animatrice à l’Office Régional du Tourisme de Diego Suarez (ORTDS) : 24 participants (transporteurs, masseuses, artisans, représentants de l’ONG Azimut et de l’ORTDS), une cinquantaine de sacs de ciment remplis de déchets. Un beau succès!

Chacune des cinq équipes avait son coin d’ancrage sur l’îlot. Les déchets ne proviennent pas uniquement des activités touristiques. En effet beaucoup sont apportés par les marées et les courants marins. Deux équipes ont été postées au sud de l’îlot, les trois autres se sont partagé les aires situés derrière les paillotes là où se situent les décharges sauvages. Chaque participant disposait de deux sacs et d’un gant pour éviter les blessures.

Laurène et Julda ont profité de cette occasion pour organiser une visite guidée des nouveaux aménagements pour la gestion du tri des déchets comme le bac à ordures et les sceaux et panneaux d’indications pour le tri des déchets.

La journée s’est terminée par un  repas cuisiné par deux volontaires suivi de la baignade dans les eaux turquoise.

De retour au port de Ramena l’équipe était attendue par Monsieur Mervin Mobeeboccus, gérant de la société Ecologik Mada venu pour récupérer les matières plastiques. Les coques de noix de coco ont été remises  à des artisans qui s’en serviront pour la fabrication de bijoux, de boutons et d’autres objets d’artisanat. Les déchets considérés comme non inutilisables car brûlés par le soleil ou attaqués par les embruns marins ont été acheminés par le camion prêté par Toto Circuits Diego à la décharge municipale de Diego Suarez.

Toto Circuits Diego a favorisé cette activité de cueillette de déchets par le prêt de sa vedette dotée d’un très sympathique équipage.

Merci aussi à Évasion Sans Frontières pour son don en argent qui a permis d’acheter le carburant nécessaire pour cette sortie.

Enfin merci à tous les participants, transporteurs et masseuses de Ramena qui ont fait honneur à leur communauté!

Laurène Laham : une animatrice bourrée d’idées

Depuis son arrivée à Diego Suarez, Laurène Laham, stagiaire Azimut n’a pas chômé. Elle s’est attaquée à concevoir un système de gestion durable des déchets sur l’îlot Suarez en mer d’Émeraude qui puisse être implanté dans un contexte où les ressources monétaires et matérielles sont rares. L’îlot Suarez est un site de rêve qui accueille chaque année des touristes de plus en plus nombreux. D’une superficie de 41 ha, situé à peine à une heure de barque de Diego Suarez, cet îlot est inhabité durant la nuit.

Les gestionnaires et utilisateurs du site n’ont pas été sensibilisés à la cueillette des déchets abandonnés par les excursionnistes qui arrivent sur l’îlot dans les barques des guides ou celles des agents touristiques. Les déchets sont laissés dans des fosses ou à peine dissimulés derrière la plage sous le couvert de la végétation dense.

La situation sanitaire y est devenue problématique. L’esthétisme du lieu en souffre.

Laurène Laham et les membres de l’équipe de l’Office Régional du Tourisme de Diego Suarez (ORTDS) qui s’intéressent à la gestion communautaire des îlots de la mer d’Émeraude ont rencontré de nombreuses associations qui se préoccupent de l’environnement. Des coopératives d’artisans se sont montrées intéressées à récupérer certaines des matières laissées sur l’îlot pour la fabrication d’objets (bijoux de fantaisies, jouets, etc.). Une petite entreprise nommée Ecologik Mada récupérerait ces matières sur la terre ferme pour les vendre ou les transformer. Il faudra motiver les guides pour qu’ils trient les déchets produits et former l’agent d’entretien présent sur l’îlot pour assurer le compostage des matières organiques.

Laurène prévoit organiser un atelier pour motiver les associations, les coopératives et les quelques entreprises et une journée de fabrication en équipe des poubelles et d’un composteur géant. Elle a prévu le parrainage par les guides pêcheurs d’enfants handicapés pour pérenniser le transfert des connaissances sur la gestion de ces déchets.

Une fraction des droits de 5000 Ariary dont s’acquitte chaque touriste qui se rend sur l’îlot Suarez devrait assurer la mise en place des projets de Laurène. Une réunion de l’ensemble des acteurs est prévue pour le 22 février. Il s’agira de présenter le budget nécessaire pour la réalisation de ces activités et de débattre du schéma de gestion proposé par Laurène et ses collaborateurs de l’ORTDS.

Réunion de fin de stage pour Claire Michelet et Simon Fournier

Claire Michelet et Simon Fournier, stagiaires chez Azimut, se sont mérité les félicitations des partenaires impliqués dans le projet de mise en place de la gestion communautaire des îlots de la mer d’Émeraude. Ces derniers ont insisté sur l’excellente qualité du travail accompli, preuve de leur implication remarquée dans le milieu.

Les deux stagiaires venaient de leur présenter les résultats des travaux qu’ils ont menés durant leur 5 mois de stage à Diego Suarez. La présentation a eu lieu dans le bureau de l’Office Régional du Tourisme de Diego Suarez (ORTDS) en présence de l’Adjoint au Maire de la commune d’Andranovondronina, de Nina Adélaide Bory, responsable du volet écoutourisme pour le Conseil Général du Finistère, et des représentants de l’ORTDS. Se trouvaient également sur place un représentant des pêcheurs du village de Ramena et un guide-pêcheur formé par Claire.

Récompensés par des applaudissements et de multiples remerciements, Claire et Simon repartent heureux, le cœur léger et satisfaits d’avoir pu contribuer à l’avancée du développement écotouristique de la région de Diego Suarez.

Un grand merci à vous deux. Vous allez nous manquer!

Comité de gestion de la Mer d’Émeraude

Les eaux turquoises du lagon corallien qui borde au nord l’entrée de la passe qui donne accès à la Baie de Diego Suarez constituent un attrait touristique de premier rang de la région. Un comité de gestion est en cours de constitution pour en rationnaliser l’exploitation et mettre fin aux dérives constatées ces dernières années.

L’enjeu est de taille : la magnificence des paysages et la richesse des fonds marins de ce grand lagon incitent à la pratique d’activités aquatiques et nautiques de tout ordre. Le windsurf, le kitesurf s’y pratiquent dans un site où l’orientation au vent réjouit les sportifs.

Mais la popularité du site nuit à son caractère sauvage et présumé jusqu’ici. Il est devenu impératif de mettre en place une politique concertée et rationnelle de cette ressource touristique. En effet, les déchets laissés sur les plages et îlots par les visiteurs entraînent l’apparition de vermines. Mentionnons encore la surpêche et la dégradation du corail par l’utilisation de technique de pêche non appropriées.

Les communes rurales, la région DIANA, les opérateurs touristiques se sont regroupés au sein de l’Office Régionale du Tourisme de Diego Suarez (ORTDS) qui a résolu d’instituer un Comité de gestion de la Mer d’Émeraude. Un plan d’aménagement et de gestion du site est en cours d’élaboration. On songe entre autres à construire des paillotes dotées d’espace de cuisine à usages collectifs, à implanter des parasols en matériaux locaux, à planter des palmiers, à construire des toilettes sèches. On veut encourager la structuration des pêcheurs en ce qui concerne la sécurité de leurs invités, à définir une gamme tarifaire commune…

L’ONG Azimut a manifesté son intérêt pour ce projet de gestion auprès de l’ORTDS. Elle souhaite agir auprès des pêcheurs et proposer un programme de formation de guides touristiques. Des discussions sont présentement en cours.