Une pépinière pilote en milieu scolaire à Joffreville

IMG_1288Début 2019, l’ONG Azimut, la Fondation Majany du Luxembourg et le Club 201 Diego Suarez se sont retrouvés autour d’une table à Diego Suarez pour explorer les initiatives à fort impact sur le thème de l’éducation à l’environnement. Le trio a décidé de se rallier à la vision nationale « Madagasikara rakotr’ala » (Traduction littérale : Recouvrir Madagascar de forêt) qu’appuie le Ministère de l’éducation à travers son programme « un élève, un arbre ». Pour la campagne 2020-2021, l’État Malagasy vise la couverture arborée de 40 000 hectares.

Forts de leur expérience en gestion de pépinières et en mobilisation citoyenne, Azimut et le Club 201 Diego Suarez ont souhaité appuyer la Direction Régionale de l’Éducation Nationale Diana dans l’atteinte de cet objectif. Une école primaire publique de la Commune rurale de Joffreville située en périphérie du parc national de la Montagne d’Ambre a été retenue pour initier le projet. Une pépinière scolaire pilote et autonome y sera installée sur une superficie de 50 m2 et produira 10 000 plants par an choisis par les élèves. L’accompagnement à la gestion de la pépinière sera délégué au Club 201 Diego Suarez, une plateforme associative qui poursuit son élan de végétalisation urbaine et périurbaine dans la région Diana.

Le projet intègre un volet d’animation d’activités et d’éducation populaire pour cultiver l’amour de la nature chez les élèves et leur permettre de donner du sens à leurs actions de reboisements et d’embellissements. L’amélioration des conditions d’enseignements relatifs à l’environnement est prise en compte via la dotation de la part d’Azimut de supports d’animations et le renforcement de capacité du corps enseignant.

Les pressions anthropiques exercées sur les ressources forestières ou encore les déviations des cours d’eau pour satisfaire la culture illicite du khat sur le bassin-versant de Besokatra, principal réservoir d’eau de la ville d’Antsiranana, motivent la Commune rurale de Joffreville à investir dans des projets qui permettront à la population d’adopter des comportements écocitoyens.

À l’occasion du lancement de l’activité, le 1er décembre 2020, le premier magistrat de la commune rurale de Joffreville s’est dit confiant dans le potentiel de cette initiative : « Nous pouvons être un modèle de préservation sur notre grande Île » et a invité tous ses administrés à rejoindre cette initiative et à la multiplier à travers l’île.

La pépinière sera opérationnelle dès mars 2021 et fournira les plantules à compter de cette date.

À suivre.

Un jeu d’éducation à l’environnement vers un développement durable: version Diego Suarez

En 1991, Vintsy, le trimestriel malgache d’orientation écologique publie un article alarmant : « La Montagne d’Ambre : Avant qu’il ne soit trop tard ». On y attirait l’attention sur l’approvisionnement en eau potable de la ville d’Antsiranana. Cette eau provient de sources type lac de cratères situées dans le parc national de la Montagne d’Ambre. Selon le magazine Vintsy, sur les 70 sources recensées dans la Montagne d’Ambre, il n’en restait plus que 18. Un technicien de la JIRAMA, la compagnie nationale qui assure l’alimentation en eau et en électricité à Madagascar, nous informe que le nombre de sources actuelles est de 6.

Or, du fait de la démographie galopante, et partant de l’augmentation concomitante des besoins en eau et énergie, la ressource hydrique du territoire de l’Association des Communes du Pôles Urbain (ACPU D/S) fait l’objet de pressions qui vont s’accroissant. En réaction l’ACPU D/S a élaboré une stratégie de gestion des ressources naturelles dont l’un des objectifs vise le renforcement de l’écocitoyenneté, en particulier auprès des jeunes. Un des moyens pour atteindre cet objectif est de promouvoir des activités qui favorisent l’éducation à l’environnement vers un développement durable. Cette initiative recueillerait l’appui des établissements scolaires. En effet l’ensemble des enseignants et des acteurs locaux impliqués dans l’éducation à l’environnement vers un développement durable s’entendent sur le fait que les sorties scolaires de groupes d’élèves et d’étudiants suscitent l’intérêt de ces derniers et favorisent dans la foulée leur apprentissage à la protection de l’environnement.

Toutefois, organiser de telles sorties n’est pas une tâche de tout repos. Face au budget restreint des établissements scolaires, aux classes surchargées, aux difficultés à assurer le transport des élèves et leur sécurité, l’ACPU D/S a suggéré à chaque commune de désigner sur leur territoire un site où les enseignants amèneraient leurs élèves pour y conduire des séances de travaux pratiques.

La Commune Urbaine de Diego Suarez (CUDS) a arrêté son choix sur le Jardin Tropical, une mini forêt humide située en plein cœur de Diego Suarez. Une équipe, placée sous la houlette de l’ONG Azimut, a monté un jeu qui à la fois intègre les principes de l’éducation au développement durable et de plus épouse les objectifs fixés par la Politique nationale d’éducation relative à l’environnement et au développement durable (P.E.r.E.D.D, décret n°2013-880). Le jeu en question contribue à la mise en œuvre de la stratégie de gestion des ressources naturelles de l’ACPU D/S, répond aux besoins des enseignants et de la commune et est modulable selon les divers groupes d’âge. Il intègre aussi les activités des personnes impliquées dans la gestion de la forêt et de l’eau douce dans la région DIANA.

L’essentiel de ce jeu est de proposer aux élèves des questions à répondre concernant l’origine de cette eau  qui sort des robinets et des puits de la ville dans le but d’expliquer le cycle naturel de l’eau. Le jeu présente des expériences réalisables en classe ou à la maison et des mises en situation pour identifier les causes de la raréfaction de l’eau potable. Il s’agit d’attirer l’attention des élèves sur la gravité des problèmes d’approvisionnement en eau potable et de les inciter à suggérer des solutions pour y obvier. Le jeu pointe le doigt sur des solutions partielles : l’utilisation de réchauds améliorés et du charbon vert. L’activité se termine par une visite du Jardin Tropical et la découverte in situ de l’importance mutuelle de l’eau et de la forêt pour le bien-être de la population.

Le jeu a été favorablement accueilli dans une série de pré-tests par les élèves qui en ont fait l’essai durant les vacances scolaires. Ils ont semblé ravis des interventions de l’animateur. Des observateurs ont assistés à une première séance : Monsieur Aly Ramasilahy ABOUDOU, Conseiller Animateur en Gestion des Ressources Naturelles du Service d’Appui Technique Intercommunal, Madame Alexandra Véronique JAOZAFY MAMY, Chef de division de l’éducation à l’environnement au sein de la DREN DIANA et Madame Sylvia Karany MBOTIANJARY, Déléguée de l’Éducation de Masse et du Civisme DIANA. Ces derniers ont évoqué quelques problèmes : d’une part certaines des expériences proposées seraient difficilement menées à terme à la maison car certains parents ne souhaitent pas que leurs enfants manipulent le matériel de cuisine ; d’autre part le site du Jardin Tropical n’est pas accessible aux écoles situées hors du quartier de la Place Kabary ; en outre certains élèves se sont dits incapables d’oser suggérer à leurs parents d’utiliser charbon vert ou réchauds améliorés.

Le jeu sera proposé aux écoles du quartier de la Place Kabary au courant de l’année scolaire 2016 qui a débuté au début octobre. L’ACPU D/S veut profiter de cette activité pour harmoniser l’enseignement scolaire et les activités que propose le Jardin Tropical.