Marine mammal observatory

Dans le cadre de sa collaboration avec Cetamada, l’ONG Azimut compte installer un kiosque d’observation du passage des baleines à bosses au Cap Minet, situé à l’entrée de la Baie de Diego Suarez. Les baleines viennent profiter durant l’hiver austral des eaux chaudes de l’océan Indien pour se reproduire et préparer leurs baleineaux au long parcours qui les attend durant leur voyage vers les bassins froids de l’Antarctique.

Gaillord Jaona et Tom Gachet, respectivement animateur environnement et stagiaire Azimut se sont rendus sur le site pour y effectuer une enquête auprès des habitants du phare qui domine le Cap afin de recueillir des informations qui permettront de préciser ce projet.

Voici ce qu’ils nous ont dit au retour:

« L’ancien gardien du phare n’étant malheureusement pas présent, nous avons interrogé son épouse qui, durant de longues années, a été témoin du passage de ces colosses marins. Elle a indiqué qu’ils étaient observables tous les jours depuis le début d’août jusqu’à la fin de septembre.

Elle nous a recommandé d’aménager l’observatoire le long de la côte qui fait dos au phare. Les visiteurs de passage pourraient ainsi profiter, le temps d’un pique-nique, d’une vue splendide sur l’entrée de la deuxième plus grande baie au monde qui aboutit aux eaux turquoises du site touristique de la Mer d’Émeraude et, avec un peu de chance, aux sauts spectaculaires des baleines et de leur progéniture.

Avant d’installer le kiosque, il faudra prendre l’avis des partenaires susceptibles d’adhérer au projet. A cet effet, deux premières réunions ont été organisées. L’une auprès de l’Office Régional du Tourisme de Diego Suarez (ORTDS) l’autre avec le Missouri Botanical Garden (MBG), gestionnaire de l’aire protégée d’Oronjia qui borde le site du Cap Minet. Ces deux organismes ont fait preuve d’intérêt pour le projet. Ils sont prêts à l’appuyer et à le parrainer. D’autres partenaires potentiels seront contactés. Citons par exemple l’Association Ambre qui s’intéresse à la valorisation des fortifications militaires et des sites historiques de la Baie de Diego Suarez, l’Université Nord d’Antsiranana et la région Diana qui appuie le projet de développement de la Baie de Diego.

Un des obstacles à l’installation du kiosque est le fait que l’emplacement qui serait idéal pour le kiosque appartient aux militaires, une zone qui reste exclue de l’aire protégée d’Oronjia. Ces derniers s’y adonnent à des entrainements de tirs d’artillerie. Il faudra donc nécessairement obtenir l’aval des militaires. Comme ils perçoivent un péage auprès des visiteurs qui empruntent la route qui mène au Cap Minet, ils pourraient ne pas s’opposer au projet. Mais ça reste à voir. Une réunion est prévue avec les autorités militaires à ce sujet. »

Southern right whale in Diego Suarez Bay

Dans la matinée du 29 septembre 2011, Azimut a reçu un appel d’un résident du petit village d’Ankoriky qui borde la baie des Français : une baleine de plus de 15 mètres était en vue. Dès le lendemain, vers 5 heures du matin, une équipe composée de Philippe Barratier (Suarez Hôtel), de l’équipe de Nord Évasion Madagascar (opérateur touristique) et de deux membres de l’ONG Azimut s’est aventurée à sa rencontre. Surprise ! Il s’agissait d’une baleine franche australe accompagnée de son baleineau que l’équipe a pu observer à quelques centaines de mètres de la mangrove, entre Nosy Lonjo (Pain de Sucre) et la côte.

Philippe Barratier et la directrice de l’ONG Azimut, membres tous deux de l’Association Cétamada ont encadré l’approche en bateau pour l’observation de la baleine, suivant le code de bonne conduite prescrite par Cétamada. La consigne : ne pas s’approcher, moteur en marche, à moins de 200 mètres de la mère et de son petit et ne pas poursuivre l’observation plus de 30 minutes pour ne pas déranger le duo indûment. En effet, la période d’allaitement est délicate : la baleine protège son baleineau et le prépare à leur longue migration vers les mers froides du sud de l’Antarctique.

La baleine franche australe vit uniquement dans l’hémisphère sud et est de passage dans les eaux chaudes de Madagascar durant quelques mois. Elle y met bas dans des eaux peu profondes. Contrairement à ses cousines de l’hémisphère nord, la baleine franche n’est pas une espèce « en danger » (classification UICN).

Nos observations constituaient une première pour la baie de Diego Suarez. Des points GPS et des photos d’identification ont été ajoutées à la base de données de Cétamada.

L’ONG Azimut, qui est l’antenne de Cétamada à Diego Suarez, s’occupera du recensement des passages de baleines sur les côtes du nord et de la mise en effet du code de bonne conduite chez les opérateurs touristiques qui souhaiteraient s’aventurer en mer pour l’observation baleinière.

Traditional sailboat race in the Diego Suarez Bay

Le 511e Anniversaire de la découverte de la baie de Diego Suarez a été marqué cette année par la 3e édition du Festival Libertalia où Diégolais et touristes de passage ont festoyé dans les rues de la ville. Ce festival haut en couleurs avait pour but de valoriser l’histoire de la région, l’identité culturelle et le patrimoine de Diego.

C’est à cette occasion que la Mairie de Diego Suarez a mandaté l’ONG Azimut pour organiser une course-carnaval en mer. Le samedi 17 septembre 2011, à 8h00 du matin, 17 bateaux à voile en provenance des quatre ports de la baie (Cap Diego, La Dordogne, Port Jasmine et Ramena) se sont regroupés autour de Nosy Lonjo (l’île en forme de pain de sucre) en pleine baie des Français en vue pour prendre le départ de la course et du défilé en mer.

Le signal de départ a été donné par la directrice d’Azimut, tout de suite après la cérémonie du Jorô, où l’assistance a demandé de la bénédiction des ancêtres. Cette cérémonie qui marquait l’ouverture officielle du Festival Libertalia s’est terminée comme il se doit par le sacrifice d’un zébu.

Les alizés qui étaient au rendez-vous ont permis aux bateaux, fort bien décorés, de mener une course acharnée jusqu’à la plage de l’hôtel Allamanda. Les trois bateaux gagnants de la course provenaient de Ramena, les mieux décorés cependant étaient ceux de Cap Diego et de la Dordogne. Dix-huit mètres de tissu pour la confection d’une voile ont été décernés par Azimut au bateau le mieux décoré. D’autres prix (bétail et enveloppes d’argent) ont été décernés par la Mairie.

L’organisation de cet événement a donné à l’ONG Azimut une nouvelle occasion de contribuer à l’appropriation de la mer par les habitants de la baie de Diego.

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