Debate: How can we motivate young people to participate in activities offered to them ?

blog - 25 avril 2016Les jeunes de la Commune Urbaine de Diego Suarez ont été invités à participer à un débat sur la thématique de l’action bénévole le samedi 26 mars 2016 au café Antirouille de l’Alliance Française de Diego Suarez.

Les organisateurs? L’Association des Jeunes Honnêtes et Intègres et l’Association des Journalistes Professionnels d’Antsiranana (AJPRO).

Les participants  ont échangé  avis et opinions sur la question suivante : Comment motiver les jeunes à participer aux activités qu’on leur propose ?

Voici un résumé des échanges :

RACHIDY Ahamada Ali – Directeur Exécutif à la Maison d’Arnaud :

« Beaucoup d’associations créées, rien de concret réalisé.

«Quand j’étais plus jeune j’ai adhéré à des mouvements associatifs qui menaient des actions qui m’ont interpellé et impressionnée.

Suite à une sensibilisation sur l’engagement bénévole on m’avait dit qu’en adhérant à une association de mon choix j’aurais des avantages en retour de mon implication. Je me ferais de nouvelles relations, j’aurais des responsabilités et des opportunités de voyager. Ce sont des avantages que je n’ai pas compris sur le coup et dont je n’ai pas de suite saisi l’importance.

Avec le temps, je me suis rendu compte que ma participation associative ne correspondait pas à mes attentes ni à celles qu’on m’avait promises. On organisait beaucoup de réunions qui ne menaient pas à grand-chose. Je me posais toujours la même question : pourquoi se réunit-on tous les jours? Puisque je n’ai pas trouvé de réponse à ma question, j’ai quitté le milieu associatif.

J’ai réalisé plus tard que je m’étais trompé! Mon engagement et les retours que j’en aurai ne dépendaient que de ma volonté d’agir.

Ce phénomène de démotivation que je viens de vous décrire affecte à mon avis la mentalité et la motivation des jeunes d’aujourd’hui à participer à toute activité bénévole. Même si on observe de plus en plus de créations d’associations, très peu de choses concrètes sont réalisées. Les associations ne savent pas où aller et comment procéder ».

NOROZARA Évelyne – Présidente fondatrice de l’Association des Jeunes Formateurs Assistants Conseillers Études :

« Changeons notre stratégie de communication avec les jeunes

D’après moi trois choses affectent la motivation des jeunes à participer à toute activité : les jeunes n’ont pas d’outils ou de système d’accompagnement, ils sont démunis et ils font face à trop de magouilles, ce qui les démotive.

Il faut changer notre stratégie de communication avec les jeunes. Les affichages et la publicité ne fonctionnent pas. Il faut aller vers eux et leur parler clairement de la notion d’investissement de temps dans les actions bénévoles».

KOTOSON Cerveau – Responsable des activités culturelles et artistiques de l’Université d’Antsiranana :

« Les jeunes évoluent dans un monde où tout est polémique et tout est politique.

Mon constat est plus global. Ce sont les adultes qui ont créé les jeunes et ce sont aussi les adultes qui ont créé l’alcool et les drogues diverses que consomment les jeunes. Bien sûr chaque personne relève de l’inné et de l’acquis. Mais un jeune imite ce qu’il voit. Alors n’oublions pas la part de responsabilité qu’ont les adultes envers nos jeunes et arrêtons de leur faire porter le blâme si on doit trouver un coupable sur le problème de motivation des jeunes à participer à toute activité. Il existe très peu de modèles dans le monde adulte sur lesquels les jeunes peuvent se fier. Les jeunes évoluent dans un monde où tout est polémique et tout est politique.

Le bénévolat intégral existe-t-il vraiment ? Comment un individu peut-il être bénévole s’il peine à remplir sa marmite ? Il faut prévenir les jeunes qu’avant d’obtenir des résultats de leur implication à une action bénévole par exemple il y a un travail à fournir et ils vont souffrir!

REYDELLET Franklin – Animateur Jeunesse de la Commune Urbaine de Diego Suarez :

« Le manque d’infrastructure pour les jeunes n’est qu’une excuse pour ne rien faire.

Le manque d’outils et d’infrastructures pour susciter la motivation des jeunes à participer à toute activité ne sont que des excuses pour ne rien faire! La question qu’il faut se poser c’est : A-t-on la volonté ? Prenez la Maison des Jeunes d’Antsiranana par exemple. Elle a été construite et inaugurée il y a deux ans et on ne remarque aucun changement de motivation chez les jeunes malgré la création de cette nouvelle infrastructure.

En ce qui concerne l’organisation de ce débat : Pourquoi les jeunes ne sont pas venus en grand nombre ? Leur participation va leur apporter quoi ? Si on souhaite organiser un événement pour les jeunes il faut tenir compte de quatre éléments :

  1. Du moment qu’on choisit. Ce sont les vacances de Pâques en ce moment, donc pour un jeune le choix est vite fait entre participer à une réunion sur le bénévolat et faire la fête.
  1. Du canal de communication qu’on emploie. La motivation des jeunes à participer à un événement dépendra de la personne qui va les appeler à participer. La radio et la télé sont aussi des bons moyens de communication.
  1. Du type d’évènement qu’on organise. Le spectacle attire les jeunes. Comme par exemple lorsque nous organisons des sketchs avec la troupe d’Etweky, la salle de l’Alliance Française est pleine à craquer.
  1. Du lieu qu’on utilise. Allons vers les jeunes dans les fokontany.»

Maryse Sahondra PARENT – Directrice générale de l’ONG AZIMUT, membre de l’Organisation de la Société Civile pour l’Environnement Mandresy :

« Vous dites que Diego Suarez est la ville où personne ne sait dire « non ». Vous ajoutez que ce comportement serait lié soit à la mauvaise foi soit à la peur des jeunes à prendre des responsabilités et à s’engager.

Une dame du nom de Vavyhely qui s’intéresse beaucoup à la psychologie de l’enfant m’a un jour raconté ceci : un enfant de 2 ou 3 ans qui commence à parler, s’affirme en disant « non ». « Non, je ne veux pas me brosser les dents! » ou « Non, je ne veux pas manger mes légumes! ». Ce « non » serait une forme verbale banale qu’utilisent les enfants pour se différencier des autres, pour s’affirmer. Or pour la majorité des parents à Diego Suarez, lorsqu’un enfant dit « non » à ses parents on le traite de maditry (vilain). Les enfants grandissent en associant le « non » à un comportement vilain. Lorsque vous me dite que le « oui » qu’on évoque tout le temps poserait un réel problème au développement et au réel engagement des jeunes, je vous croîs!

RANAIVO ARIVELO Mc Gordon – éternel éducateur, fondateur de l’Organisation de la Société Civile pour l’Environnement Mandresy :

« Encouragez les jeunes à aimer la chose dans laquelle vous souhaitez qu’ils s’engagent et ils vous suivront !

La motivation on doit la trouver à l’intérieur de soi. Les personnes qui aiment mâcher le katy par exemple vont dépenser 3 000 MGA quotidiennement. Comment est-ce qu’en période de crise et de misère ces personnes arrivent-elles quand même à trouver l’argent pour se payer un simple plaisir quotidien ? C’est parce qu’ils aiment le katy. Mon conseil : encouragez les jeunes à aimer la chose dans laquelle vous souhaitez qu’ils s’engagent et ils vous suivront !

Ne prenez pas modèle sur des adultes qui vous déçoivent. Résistez à ces primates! Ne soyez plus révolté et réagissez! L’expérience c’est ce qu’il vous reste lorsque vous avez tout oublié! Engagez-vous! N’attendez pas des avantages.

Jeune, c’est un genre, une catégorie sociale. Vous êtes le présent de la société. Vous choisissez à travers l’expérience heureuse et malheureuse des adultes.

Il faut impliquer les responsables de la CISCO et de la Direction Régionale de l’Éducation Nationale DIANA dans les débats que vous souhaitez organiser».

Une étudiante de l’Université d’Antsiranana :

« La motivation des jeunes d’aujourd’hui c’est l’appât du gain.

Lorsque j’ai dit à mes camarades et collègues de l’université que j’allais participer au débat d’aujourd’hui, ils m’ont demandé ce que j’allais gagner en échange de ma participation. C’est cela la mentalité des jeunes d’aujourd’hui. Ils ne se focalisent que sur l’argent. Quand on organise un concours ou un évènement on demande toujours ce qu’on a à gagner pour participer. »

PILLAR Nino – bédéiste professionnel et membre fondateur du Club D-Sary à l’Alliance Française de Diego Suarez :

« Je ne suis pas convaincu de votre démarche pour attirer les jeunes.

(En s’adressant aux membres de l’Association Jeunes Intègres et Honnêtes) La thématique que vous avez choisie initialement pour votre débat « Jeunes et Bénévolat: l’argent est-il un atout ou un frein à l’initiative et à la participation citoyenne » n’est d’après moi pas inclusive et n’attira pas les jeunes comme vous l’espérez. Les mots que vous utilisez sont trop abstraits comme « bénévolat »  ou « participation citoyenne ». Si le public visé par vos échanges ce sont les jeunes alors il faudrait revoir tous ensemble votre stratégie de communication. Jusqu’à présent, je ne suis pas encore convaincu. »

A malagasy cartoonist educates teens about the dangers of early pregnancy

Faisant suite à notre précédent billet intitulé « Le Club D-Sary et la lutte contre la grossesse précoce » nous souhaitons vous présenter Gianfranco Henri Houdounou, l’artiste bédéiste auteur d’une planche dessiné sur ce thème en partenariat avec l’ONG Azimut.

Originaire de Diego Suarez, Gianfranco Henri a commencé à dessiner à l’âge de 5 ans inspiré par les dessins animés de Dragon Ball Z. Il s’en inspire dans un apprentissage soutenu des techniques du dessin manga qu’il peaufinera au cours des années. De nombreuses années d’échanges qu’il entretien avec des camarades aussi passionnés que lui de dessins manga alimentera sa flamme.

En février 2015, l’Alliance Française de Diego Suarez a décidé de modifier sa structure d’appui à la culture et aux arts, jusqu’alors fortement orientée vers la danse et le chant, en favorisant l’ouverture du club de bandes-dessinées « D-Sary ». Gianfranco Henri a rejoint les rangs de ce club qui attire tous les samedis de jeunes antsiranais créateurs de BD ou intéressés par l’apprentissage du métier de bédéiste.

L’Alliance Française, en plus de mettre à la disposition du club un local pour les rencontres hebdomadaires, achète les fournitures nécessaires et dispense des formations en techniques de dessin. On y organise expositions, ateliers de professionnalisation et des rencontres avec des artistes reconnus.

Gianfranco Henri cherche sa voie : il veut développer un style personnel proche du heroic fantasy, ces bédés qui traitent d’aventures héroïques dans des mondes imaginaires relevant de l’Antiquité ou du monde médiéval.

La tenue de la 1ère semaine de la bande-dessinée à Diego Suarez qui s’est déroulée à l’Alliance Française du 7 au 12 septembre 2015, a permis à Gianfranco Henri de confirmer son ambition de trouver un éditeur. Il songe à faire du métier de bédéiste son gagne-pain. En attendant, il poursuit des études en techniques bancaires et assurances à l’Institut Supérieur de Technologie d’Antsiranana.

Vous pouvez suivre le travail de Gianfranco Henri en rejoignant sa page Facebook. Son nom d’artiste est Ghot012 et il signe ses dessins sous le hashtag #SHK.

Training of young Kinoïtes at the French Alliance of Diego Suarez

Les 10e Rencontres du film court de Madagascar ont été marquées en province par l’organisation de laboratoires Kino, appelés Ti’Kino Gasy, au sein du réseau des Alliances françaises de la Grande île. Les objectifs visés  étaient de présenter la production cinématographique malgache au public de province et d’accueillir des groupes de participants dont chacun puisse réaliser un court-métrage. En 3 jours, le film doit être tourné, monté et prêt à diffuser.

La devise de Kino, un mouvement cinématographique québécois, est : « Faire bien avec rien, faire mieux avec peu, et le faire maintenant ». Ce mouvement est né au Québec en 1999 et compte à ce jour plus de soixante cellules actives dans le monde.

La majorité des participants à l’atelier Ti’Kino Gasy de l’Alliance française de Diego Suarez était des étudiants en génie des télécommunications et des réseaux de l’Institut supérieur de technologie d’Antsiranana. Marika Hallé Perry et Detlef Parat, tous deux stagiaires Azimut, ont répondu à l’appel de l’AF de Diego Suarez durant les 3 journées d’atelier qui se sont déroulées du 15 au 17 avril 2015.

Marika témoigne de son expérience : « J’effectue actuellement un stage chez Azimut sur la dynamisation de l’éducation civique au sein du programme d’enseignement des écoles de la Commune urbaine de Diego Suarez. J’ai été amenée à effectuer un diagnostic de la situation de l’enseignement de cette matière au sein des établissements scolaires publics de la ville. J’ai pu acquérir une meilleure compréhension des problèmes de société que rencontre la jeunesse diégolaise. Cette expérience m’a donné  l’opportunité de partager des idées de scénario avec les équipes de tournage à propos d’une des préoccupations des jeunes malgaches : la délinquance. Notre équipe de kinoïtes a réalisé un court-métrage mettant en scène un jeune malgache tiraillé entre le bien et le mal alors qu’il est sollicité pour adhérer à un gang de rue de la place ».

Detlef ajoute : « J’ai découvert  de nouveaux outils de communication qui me seront utiles dans la poursuite de mon stage chez Azimut où j’élabore un programme de sensibilisation à l’environnement pour les élèves du primaire de Diego-Suarez en collaboration avec le Jardin Tropical. »

Pour  permettre aux jeunes malgaches de visionner et de partager leurs courts-métrages avec le grand public de Diego, l’Alliance française  et le Jardin tropical ont présenté deux projections des courts-métrages réalisés par les Kinoïstes : une première  dans la salle de spectacle de l’Alliance Française et une seconde en plein air sur le site du Jardin tropical.

Ces courts-métrages ont également été projetés le vendredi 24 avril 2015 sur le parvis de l’Hôtel de ville de la capitale Antananarivo lors de la 10e édition des Rencontres du film court de Madagascar.