Vers une coordination des activités d’éducation morale et civique des jeunes antsiranais

blog - 29 février 2016Une enquête réalisée par le Consortium National pour la Participation Citoyenne du 15 mars au 5 avril 2013 sur les perceptions des jeunes malgaches de 15 à 24 ans à propos de la vie nationale, de la conduite des affaires publiques, ainsi que de leurs centres d’intérêts concernant l’éducation, l’emploi, la santé et l’environnement a permis de cerner les principaux problèmes de ces jeunes (alcoolisme, drogue, avortement, cas de grossesses précoces, phénomène de mères célibataires) et de corroborer l’avis de la Direction Régionale de l’Éducation Nationale DIANA et de ses services rattachés au sujet des difficultés que connaît l’enseignement moral et civique au sein des écoles.

Certains des établissements primaires et secondaires de Diego Suarez feraient la part congrue à cette matière. Serait-ce là une part d’explication au manque d’intérêt de la population vis-à-vis de la malpropreté et de la pollution des lieux publics ? Devrait-on y attribuer une des causes de la montée de la délinquance et du décrochage scolaire, du non-respect des valeurs familiales et culturelles, de la difficulté de s’occuper d’autrui et de se préoccuper du bien commun, de la sexualité précoce?

La Grande Ile compte actuellement plus de 22 millions d’habitants dont la moyenne d’âge est de 18 ans. Plus de 13 millions de jeunes du pays sont âgés de 10 à 24 ans. Selon l’Observatoire des Droits de l’Enfant de la région Océan Indien, ce nombre sera multiplié par deux en 2025. La situation de l’éducation à la citoyenneté et au civisme, est préoccupante quand on connaît le poids de la jeunesse dans le développement à Madagascar. D’après le Directeur de l’Institut National de la Jeunesse, il faut que des mesures soient prises pour répondre au mieux aux besoins des jeunes. Les lacunes en information, mais aussi la culture, la tradition, la timidité ainsi que le manque de volonté constitueraient les principaux freins à la participation des jeunes à la vie sociale.

Une réaction à cet état de fait est amorcée. Les programmes d’éducation civique dans les collèges d’enseignement général et dans les lycées sont fixés et appliqués à partir de l’année scolaire 2015-2016, par le Ministère de l’Éducation Nationale. Madame le Délégué Régional de l’Éducation de Masse et du Civisme (DREMC) effectue des démarches de sensibilisation depuis octobre 2014, d’une part, auprès de la population par le biais des médias et, d’autre part, par l’éducation des parents. La Déléguée est d’avis que la promotion du civisme passe aussi par les parents et par les autorités scolaires. Il s’agit d’élaborer un programme favorisant l’apprentissage de notions de civisme autant chez les adultes que chez la jeunesse. Ce programme et les activités qui ont déjà été entreprises entrent dans le cadre de la nouvelle Politique Municipale de Développement Social (PMDS) de la CUDS.

Conscients de l’importance de renforcer le civisme et le sens moral chez les jeunes, Azimut et la DREN-DIANA ont conjugué leurs forces afin de dresser un premier portrait de l’éducation à la citoyenneté et au civisme au sein des établissements scolaires de la CUDS. Les deux parties ont mené conjointement une enquête le 13 mars dernier à l’EPP La Vigerie auprès de 77 enseignants provenant des 21 écoles publiques de la CUDS. Ils ont cherché réponse à de nombreuses questions lors de leur enquête : Enseigne-t-on l’éducation civique dans l’ensemble des écoles publiques de la CUDS ? Comment est dispensé cet enseignement ? Quels sont les supports et les documents utilisés ? La notion d’éducation civique est-elle comprise de la même façon par tous les enseignants ? Que pensent les enseignants du programme d’éducation civique et de l’impact sur le comportement de leurs élèves?

D’après le résultat de cette enquête, 56 % des enseignants n’ont reçu qu’une formation partielle d’éducation civique. En effet, retirée du programme d’enseignement national en 1975, l’éducation civique n’a été réintégrée qu’en 1991 au sein des écoles publiques de la Grande Île. Ces enseignants se disent, en majorité, insatisfaits du programme d’éducation civique et de l’impact de l’enseignement de l’éducation civique sur le comportement de leurs élèves. Ils citent le manque de documentation et d’outils pour assurer l’enseignement des leçons, les lacunes pédagogiques (méthodes d’enseignement et thématiques non adaptées ou désuètes, trop courte durée et faible fréquence des leçons), la faible implication des parents dans l’éducation civique de leurs enfants et le besoin de formation à l’enseignement de cette matière. Les élèves ne verraient pas l’intérêt à appliquer les notions enseignées en classe dans leur vie quotidienne.

Appuyée par la DREN-DIANA, Azimut et de nombreux organismes expérimentés dans le domaine souhaitent dynamiser et harmoniser l’enseignement du programme d’éducation civique national dans les écoles publiques de la CUDS afin de lutter contre les problèmes de comportement civique chez la jeunesse. Dans le but de renforcer l’esprit de solidarité et les échanges d’expériences entre les différents acteurs-clés impliqués dans l’éducation civique des jeunes et ainsi assurer une synergie d’action entre ces différents acteurs, une réunion a été organisée le 29 avril 2015 au bureau Chef de la Région DIANA.

Les manquements aux règles du civisme s’observent à tous les échelons de la société diégolaise. La jeunesse n’est pas épargnée. Comment remédier à cet état de fait ? Quelles actions prioriser pour redresser la situation ?

Un compte-rendu de cette première rencontre se veut un début de réflexion de proposition concrète de coordination des activités d’éducation civique à proposer aux jeunes de la communauté urbaine de Diego Suarez. Puisse-t-il servir à faire vivre le Conseil Régional de l’Éducation mis en place en 2014.

Toutefois, à l’issue de ce travail, une question subsiste : comment passerons-nous à l’action une fois les problèmes identifiés, les données analysées et les axes d’intervention fixés? « Appuyons nous sur ce qui existe localement » et « Soyons pratiques ! » sont les mots d’ordre de l’ensemble des acteurs à l’issue de cette rencontre.

Un bédéiste antsiranais sensibilise les ados aux dangers de la grossesse précoce

Faisant suite à notre précédent billet intitulé « Le Club D-Sary et la lutte contre la grossesse précoce » nous souhaitons vous présenter Gianfranco Henri Houdounou, l’artiste bédéiste auteur d’une planche dessiné sur ce thème en partenariat avec l’ONG Azimut.

Originaire de Diego Suarez, Gianfranco Henri a commencé à dessiner à l’âge de 5 ans inspiré par les dessins animés de Dragon Ball Z. Il s’en inspire dans un apprentissage soutenu des techniques du dessin manga qu’il peaufinera au cours des années. De nombreuses années d’échanges qu’il entretien avec des camarades aussi passionnés que lui de dessins manga alimentera sa flamme.

En février 2015, l’Alliance Française de Diego Suarez a décidé de modifier sa structure d’appui à la culture et aux arts, jusqu’alors fortement orientée vers la danse et le chant, en favorisant l’ouverture du club de bandes-dessinées « D-Sary ». Gianfranco Henri a rejoint les rangs de ce club qui attire tous les samedis de jeunes antsiranais créateurs de BD ou intéressés par l’apprentissage du métier de bédéiste.

L’Alliance Française, en plus de mettre à la disposition du club un local pour les rencontres hebdomadaires, achète les fournitures nécessaires et dispense des formations en techniques de dessin. On y organise expositions, ateliers de professionnalisation et des rencontres avec des artistes reconnus.

Gianfranco Henri cherche sa voie : il veut développer un style personnel proche du heroic fantasy, ces bédés qui traitent d’aventures héroïques dans des mondes imaginaires relevant de l’Antiquité ou du monde médiéval.

La tenue de la 1ère semaine de la bande-dessinée à Diego Suarez qui s’est déroulée à l’Alliance Française du 7 au 12 septembre 2015, a permis à Gianfranco Henri de confirmer son ambition de trouver un éditeur. Il songe à faire du métier de bédéiste son gagne-pain. En attendant, il poursuit des études en techniques bancaires et assurances à l’Institut Supérieur de Technologie d’Antsiranana.

Vous pouvez suivre le travail de Gianfranco Henri en rejoignant sa page Facebook. Son nom d’artiste est Ghot012 et il signe ses dessins sous le hashtag #SHK.

Un jeu d’éducation à l’environnement vers un développement durable: version Diego Suarez

En 1991, Vintsy, le trimestriel malgache d’orientation écologique publie un article alarmant : « La Montagne d’Ambre : Avant qu’il ne soit trop tard ». On y attirait l’attention sur l’approvisionnement en eau potable de la ville d’Antsiranana. Cette eau provient de sources type lac de cratères situées dans le parc national de la Montagne d’Ambre. Selon le magazine Vintsy, sur les 70 sources recensées dans la Montagne d’Ambre, il n’en restait plus que 18. Un technicien de la JIRAMA, la compagnie nationale qui assure l’alimentation en eau et en électricité à Madagascar, nous informe que le nombre de sources actuelles est de 6.

Or, du fait de la démographie galopante, et partant de l’augmentation concomitante des besoins en eau et énergie, la ressource hydrique du territoire de l’Association des Communes du Pôles Urbain (ACPU D/S) fait l’objet de pressions qui vont s’accroissant. En réaction l’ACPU D/S a élaboré une stratégie de gestion des ressources naturelles dont l’un des objectifs vise le renforcement de l’écocitoyenneté, en particulier auprès des jeunes. Un des moyens pour atteindre cet objectif est de promouvoir des activités qui favorisent l’éducation à l’environnement vers un développement durable. Cette initiative recueillerait l’appui des établissements scolaires. En effet l’ensemble des enseignants et des acteurs locaux impliqués dans l’éducation à l’environnement vers un développement durable s’entendent sur le fait que les sorties scolaires de groupes d’élèves et d’étudiants suscitent l’intérêt de ces derniers et favorisent dans la foulée leur apprentissage à la protection de l’environnement.

Toutefois, organiser de telles sorties n’est pas une tâche de tout repos. Face au budget restreint des établissements scolaires, aux classes surchargées, aux difficultés à assurer le transport des élèves et leur sécurité, l’ACPU D/S a suggéré à chaque commune de désigner sur leur territoire un site où les enseignants amèneraient leurs élèves pour y conduire des séances de travaux pratiques.

La Commune Urbaine de Diego Suarez (CUDS) a arrêté son choix sur le Jardin Tropical, une mini forêt humide située en plein cœur de Diego Suarez. Une équipe, placée sous la houlette de l’ONG Azimut, a monté un jeu qui à la fois intègre les principes de l’éducation au développement durable et de plus épouse les objectifs fixés par la Politique nationale d’éducation relative à l’environnement et au développement durable (P.E.r.E.D.D, décret n°2013-880). Le jeu en question contribue à la mise en œuvre de la stratégie de gestion des ressources naturelles de l’ACPU D/S, répond aux besoins des enseignants et de la commune et est modulable selon les divers groupes d’âge. Il intègre aussi les activités des personnes impliquées dans la gestion de la forêt et de l’eau douce dans la région DIANA.

L’essentiel de ce jeu est de proposer aux élèves des questions à répondre concernant l’origine de cette eau  qui sort des robinets et des puits de la ville dans le but d’expliquer le cycle naturel de l’eau. Le jeu présente des expériences réalisables en classe ou à la maison et des mises en situation pour identifier les causes de la raréfaction de l’eau potable. Il s’agit d’attirer l’attention des élèves sur la gravité des problèmes d’approvisionnement en eau potable et de les inciter à suggérer des solutions pour y obvier. Le jeu pointe le doigt sur des solutions partielles : l’utilisation de réchauds améliorés et du charbon vert. L’activité se termine par une visite du Jardin Tropical et la découverte in situ de l’importance mutuelle de l’eau et de la forêt pour le bien-être de la population.

Le jeu a été favorablement accueilli dans une série de pré-tests par les élèves qui en ont fait l’essai durant les vacances scolaires. Ils ont semblé ravis des interventions de l’animateur. Des observateurs ont assistés à une première séance : Monsieur Aly Ramasilahy ABOUDOU, Conseiller Animateur en Gestion des Ressources Naturelles du Service d’Appui Technique Intercommunal, Madame Alexandra Véronique JAOZAFY MAMY, Chef de division de l’éducation à l’environnement au sein de la DREN DIANA et Madame Sylvia Karany MBOTIANJARY, Déléguée de l’Éducation de Masse et du Civisme DIANA. Ces derniers ont évoqué quelques problèmes : d’une part certaines des expériences proposées seraient difficilement menées à terme à la maison car certains parents ne souhaitent pas que leurs enfants manipulent le matériel de cuisine ; d’autre part le site du Jardin Tropical n’est pas accessible aux écoles situées hors du quartier de la Place Kabary ; en outre certains élèves se sont dits incapables d’oser suggérer à leurs parents d’utiliser charbon vert ou réchauds améliorés.

Le jeu sera proposé aux écoles du quartier de la Place Kabary au courant de l’année scolaire 2016 qui a débuté au début octobre. L’ACPU D/S veut profiter de cette activité pour harmoniser l’enseignement scolaire et les activités que propose le Jardin Tropical.

Le Club D-Sary et la lutte contre la grossesse précoce

Un récent article paru dans la Tribune de Diego Suarez et du Nord de Madagascar, le bimensuel d’Antsiranana, attire l’attention de ses lecteurs sur les conséquences économiques et sociales désastreuses des grossesses précoces autant pour les mères que pour leurs enfants.

Une stagiaire de l’ONG Azimut, Marika Hallé Perry, secondée par quatre étudiants du programme de volontariat de l’Université d’Antsiranana, ont proposé un scénario qui a inspiré Gianfranco Henri HOUDOUNOU, bédéiste membre du Club D-Sary d’Antsiranana, dans la création d’une courte bande-dessinée. Cette BD sensibilise les adolescents et les adolescentes de la Commune Urbaine de Diego Suarez à ce troublant problème de société. La BD prend en compte les recommandations d’acteurs-clés impliqués dans l’éducation civique de ces jeunes. Le 29 avril 2015, ces acteurs-clés se sont réunis dans le bureau chef de la Région DIANA pour échanger à propos des résultats de l’enquête menée conjointement par l’ONG Azimut et la Direction Régionale de l’Éducation Nationale DIANA auprès de 77 enseignants d’éducation civique sur l’état de l’éducation à la citoyenneté et au civisme dans les établissements scolaires de la Commune Urbaine de Diego Suarez.

Les deux planches de la BD sont exposées à l’Alliance Française de Diego Suarez durant la semaine du 7 au 12 septembre 2015 au cours de la 1ère édition de la « Semaine de la BD ».

Venez nombreux pour encourager ce superbe travail ainsi que celui de nombreux autres artistes impliqués dans la sensibilisation de la jeunesse malgache !

Vers l’élaboration d’une nouvelle stratégie du développement écotouristique de la Nouvelle Aire Protégée Ambohitr’Antsingy – Montagne des Français

En 2014, l’ONG SAGE (Service d’Appui à la Gestion de l’Environnement) a confié le développement et la gestion touristique de la zone nord de la Nouvelle Aire Protégée Ambohitr’Antsingy – Montagne des Français (NAP AA MdF) à l’Office Régional du Tourisme de Diego Suarez (ORTDS). Le SAGE a aussi fait appel à la région Diana, à des partenaires financiers, ainsi qu’aux compétences techniques de l’ONG Azimut pour réaliser la première phase du programme de développement écotouristique de la NAP AA MdF, le circuit Anosiravo.

Dans le cadre du prolongement du partenariat avec l’ONG SAGE et l’ORTDS, dont la volonté est d’étendre l’aménagement de nouveaux circuits à l’ensemble de la NAP, une évaluation du potentiel de développement écotouristique des sentiers et des circuits de la Nouvelle Aire Protégée a été réalisée par l’ONG Azimut d’avril à août 2015. Au total ce sont 11 sentiers et circuits qui ont été visités, cartographiés et analysés selon des critères définis au préalable. Ce travail a été assuré par Monsieur Axel Jumelin et Madame Irène, respectivement stagiaire et volontaire d’Azimut. Ils ont été aidés par le personnel du SAGE, de l’ORTDS et de nombreux membres des communautés villageoises voisines de la NAP.

L’intérêt récent accordé au complexe Ramena (Carte 1) par l’Association Internationale de Développement (IDA/Banque Mondiale) avec la mise en œuvre de la deuxième phase du projet Pôle Intégré de Croissance (PIC2), a donné une  perspective plus large à la mission : dynamiser le développement écotouristique de l’ensemble du complexe Ramena en reliant les circuits existants de la NAP AA MdF à ceux deux autres aires protégées du complexe : la NAP Oronjia et la NAP de la Baie d’Ambodivahibe. La NAP AA MdF fait partie des sites à valoriser dans la région DIANA par le projet PIC2. Ce projet propose de promouvoir et de développer des sites touristiques au sein et dans le voisinage des aires protégées. Le circuit Anosiravo de la NAP AA MdF bénéficiera d’un premier financement pour en améliorer infrastructures et gestion touristique.

Le tourisme a été identifié par le SAGE comme un levier du développement local des villages des alentours de la NAP AA MdF et comme un moyen de lutte contre les pressions anthropiques observées sur les ressources forestières. Le SAGE est d’avis que l’écotourisme ne constitue pas l’unique solution pour résoudre les problèmes de déforestation rencontrés au sein de la NAP et tous les circuits et sentiers n’y sont pas prédisposés. Cette évaluation effectuée par Axel et Irène permettra aux partenaires de cibler les circuits et les sentiers à potentiel de développement touristique pouvant justifier des investissements subséquents et leur servira à élaborer une stratégie de développement écotouristique du site.

Un nouvel outil pour les guides touristiques de la Montagne des Français à Madagascar

En septembre 2013, 12 charbonniers en provenance des 6 villages bordant la Nouvelle Aire Protégée Ambohitr’Antsingy – Montagne des Français (NAP AA MdF), avaient été recrutés pour assumer un rôle de guide local sur le circuit « Anosiravo » qui appartient à la zone écotouristique Nord de la NAP. L’objectif étant pour l’ONG Service d’Appui à la Gestion de l’Environnement (SAGE), gestionnaire de la NAP, de proposer  aux populations environnantes de nouvelles activités génératrices de revenus pour lutter contre l’exploitation illicite des ressources forestières.

Pour préparer ces nouveaux guides au métier, des formations leur ont été proposées en 2013 et 2014. Bilan fin 2014 : le renforcement des compétences des guides locaux est quasi nul et huit d’entre eux ont abandonné leur poste après seulement 3 mois de pratique. Parmi les raisons  de leur abandon de poste, les guides locaux ont évoqué le problème de communication en français avec les visiteurs, des formations mal adaptées et le manque d’accompagnement par les gestionnaires. Pour améliorer la situation du guidage local en 2015, le SAGE et l’Office Régional du Tourisme de Diego Suarez (ORTDS) se sont associés les compétences techniques de l’ONG Azimut et l’appui financier du Conseil Départemental du Finistère (CD29).

Parmi les mesures mises en place par l’ONG Azimut, cette dernière mettra à la disposition des futurs guides un manuel leur proposant le discours à tenir aux touristes sur le circuit « Anosiravo » incluant cartes et images pour illustrer les explications fournies lors du parcours. Le discours à tenir est présenté de façon simple, aérée, imagée et dotée du vocabulaire nécessaire en langue française. Cet outil permettra d’alléger la tâche des guides et de réduire le coût de leur formation. Des grilles ont été élaborées pour permettre au SAGE et à l’ORTDS d’évaluer la progression des guides et d’adapter en temps réel cet outil de travail.

Pour le SAGE et l’ORTDS, le réel défi réside dans le maintien de la motivation des guides locaux à s’investir dans le métier sur le long terme. L’atteinte de cet objectif repose sur la capacité du SAGE et de l’ORTDS à effectuer un suivi et une évaluation de la performance des guides, à élaborer une stratégie de communication sur la destination, à valoriser le travail des guides locaux auprès des visiteurs et enfin à entretenir un programme d’échange et de communication étroit avec les guides locaux recrutés. Seul hic, les difficultés rencontrées par la compagnie aérienne Air Madagascar compromet la saison touristique 2015. La fréquentaton du circuit « Anosiravo » est en baisse et risque d’affecter la motivation des guides locaux à travailler jusqu’au mois de novembre s’ils ne peuvent justifier un retour d’argent équivalent à leurs anciennes occupations. Bien que la programmation prévisionnelle des formations a déjà été fixé par l’ORTDS, il a été décidé que les activités de formation des guides seront repportés à l’année prochaine.

Azimut, partenaire de l’Association des Communes du Pôle Urbain de Diego Suarez

L’Association des Communes du Pôle Urbain de Diego Suarez (ACPU D/S) fait face à d’importantes difficultés en matière de préservation des ressources naturelles de son territoire. L’ACPU D/S rédige actuellement une stratégie de gestion de ces ressources. Les sept communes de l’ACPU D/S cherchent à mutualiser les moyens mis en œuvre dans la réduction des pressions anthropiques sur la biodiversité.

La dégradation des ressources forestières d’une commune peut avoir des conséquences environnementales néfastes pour les communes limitrophes. Par exemple la déforestation suivie de l’érosion des terres sur le territoire de la commune d’Antanamitarana a provoqué l’ensablement de la partie continentale de la mangrove de la commune d’Antsahampano. Les fortes pluies entraînent terre et sable qui viennent s’entasser dans les vasières qui abritent la mangrove. Les vasières dont le niveau s’élève se solidifient et les périodes d’immersion des pieds de palétuviers par les eaux des marées diminuent. Il s’ensuit une mortalité accrue des palétuviers. Réduire l’érosion des terres de la commune d’Antanamitarana permettrait donc de réduire la dégradation de la mangrove dont les bienfaits écologiques et socio-économiques sont appréciés des populations locales.

La mise en œuvre de cette stratégie intercommunale pour la gestion des ressources naturelles s’étalera sur les années 2015 et 2016. Voici les quatre objectifs qui ont été priorisés :

  1. Assurer une bonne gouvernance de la gestion des ressources naturelles ;
  2. Informer, former, communiquer sur la thématique de la gestion des ressources naturelles ;
  3. Promouvoir et développer un écotourisme durable ;
  4. Protéger et gérer durablement ressources forestières et ressources en eau.

Une convention de partenariat a été signée le 12 juin 2015 entre l’ONG AZIMUT et le président de l’ACPU D/S, Monsieur TADAHY Lucien. AZIMUT y promet sa collaboration technique dans l’atteinte de ces objectifs en mettant à disposition son expertise et celle de ses stagiaires et volontaires pour les deux prochaines années.

Célébration de la journée mondiale de l’environnement 2015

La journée mondiale de l’environnement a retenu pour thème cette année : « Sept milliards de rêves. Une seule planète. Consommons avec modération ». Diego Suarez a souligné l’événement les 04, 05 et 06 juin 2015 de plusieurs façons. Tout d’abord en menant une action coordonnée de plantation de palétuviers dans la mangrove d’Ampasira à quelques encablures de la ville de Diego Suarez, puis en encourageant la visite du Parc National de la Montagne d’Ambre pour sensibiliser les citoyens à la nécessité de préserver la forêt et les ressources en eau douce, en organisant une conférence-débat sur la recherche de moyens de lutter contre la déforestation et l’assèchement des sources d’eau douce, et enfin en montant une exposition dans le hall de la mairie de Diego pour présenter les actions de sauvegarde de l’environnement entreprises par divers organismes de la région Diana.

Axel Jumelin, stagiaire Azimut, a appuyé à cette occasion l’ONG Service d’Appui à la Gestion de l’Environnement (SAGE) dans le montage de leur stand d’exposition à la mairie de Diego Suarez. Axel travaille depuis le début mars à renforcer les prestations offertes par les guides locaux (ex-charbonniers) au sein de la Nouvelle Aire Protégée Ambohitr’Antsingy-Montagne des Français (NAP AA MdF) et à préparer un projet d’aménagement de nouveaux circuits touristiques pour l’ensemble de la NAP.

Axel est étudiant en Master 2 interdisciplinaire en dynamiques africaines.  Il est inscrit  à l’université Michel de Montaigne (Bordeaux 3), à l’université Montesquieu (Bordeaux IV) et à l’Institut d’Études politiques de Bordeaux.

Campagne de nettoyage du point de vue sur le Pain de Sucre (Nosy Lonjo)

Les adhérents à la charte : « La DIANA s’engage pour un tourisme durable » ont entrepris avec pelles et râteaux le nettoiement d’un emplacement situé sur la route de Ramena d’où l’on aperçoit Nosy Lonjo, une île de la baie de Diego qui a la forme conique des pains de sucre traditionnels. Cette action communautaire qui s’inscrit dans les engagements auxquels ont souscrit les adhérents à la charte s’est déroulée le 2 juin 2015 dans le cadre de la Journée mondiale pour un tourisme responsable et respectueux.

Ce point de vue sur le Pain de Sucre (Nosy Lonjo) est fréquenté par les visiteurs de la Grande île  qui s’y arrêtent pour photographier cet îlot rocheux d’origine volcanique, lieu sacré et emblème du nord de Madagascar. L’emplacement du point de vue appartient à la Commune Urbaine de Diego Suarez (CUDS). Laissé à l’abandon depuis plusieurs années, il a servi de décharge sauvage à des individus et à des entreprises de la place. Des déchets malodorants de toutes natures en provenance de cette décharge finissent par polluer les eaux de la Baie de Diego Suarez située en contrebas. Un tractopelle a dégagé ordures et déchets en les poussant en contrebas de la colline. Cette intervention toutefois n’a servi qu’à les soustraire à la vue et certains passants auraient préféré qu’ils soient acheminés à la décharge municipale de la CUDS.

Des mesures ont toutefois été prises pour éviter le retour d’une décharge sauvage sur cet emplacement: un panneau de l’Office Régional du Tourisme de Diego Suarez (ORTDS), qui incite à maintenir la propreté de l’emplacement, vient d’y être dressé. D’autres mesures sont prévues: installation de bancs et plantation d’une haie verte et de quelques arbres.

L’opération « Célébrons les îles ! » arrive à Madagascar

C’est le 22 mai que l’on célèbre depuis 13 ans la Journée Internationale de la Biodiversité, une initiative de la Convention sur la Diversité Biologique. La vedette de l’année dernière était la biodiversité insulaire. Le Conservatoire du littoral français avait profité de l’occasion pour lancer l’opération « Célébrons les îles ! ». Des initiatives locales, couronnées de succès, ont alors marqué l’événement sur plusieurs îles, allant de la Méditerranée à l’océan Pacifique.

Madagascar vient de rejoindre les rangs de cette opération. Le vendredi 22 mai 2015, les enfants de l’école primaire d’Ankorirakakely, un village des environs de Diego Suarez, ont eu l’opportunité de découvrir les secrets de la mangrove qui borde leur village. L’Office Régional du Tourisme de Diego Suarez et le Conseil départemental du Finistère ont sponsorisé cette initiative. Charles Virlogeux et Detlef Parat, respectivement volontaire et stagiaire de l’ONG Azimut ont prêté main forte à l’organisation de l’événement et ont assuré l’encadrement des activités tout au long de la journée. Les élèves d’Ankorirakakely ont été sensibilisés, en classe puis au sein de la mangrove, à l’importance écologique et économique de cet écosystème fragile ainsi qu’à son fonctionnement. La journée a été ponctuée par une session « dessines-moi ta mangrove » et par l’évaluation des connaissances acquises grâce à un jeu du style « Questions pour un champion ».